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Eventuel prochain retrait volontaire de Vladimir Poutine

Le GEAB (Global Europe Anticipation Bulletin), dans un article de la lettre confidentielle d'anticipation datée du 15 avril (accessible sur abonnement), envisage l'hypothèse d'une démission dans quelques mois du président russe Vladimir Poutine. Il s'agirait d'une démarche volontaire de celui-ci, estimant que la mission qu'il s'était donnée de redresser le statut interne et international de la Russie était dorénavant accomplie.
Cette démission, suivie de l'élection d'un nouveau président, surviendrait dans le cadre d'un processus démocratique, fin 2016, avant l'élection d'une nouvelle chambre prévue pour 2018. Le successeur de Poutine serait d'une part plus jeune mais surtout moins marqué par l'image qu'a conservée Poutine, celui d'être un ancien du KGB.

L'article ne donne pas de précisions sur le rôle qui pourrait alors être celui de Poutine. On peut penser que compte tenu de son expérience considérable et de sa forte popularité, il deviendrait un conseiller très influent et respecté des nouvelles autorités, tout en ne cherchant pas à se substituer à elles. Au plan de l'histoire, si histoire il y a encore, il restera comme le père fondateur de la nouvelle Russie, celle du 21e siècle.

Selon les auteurs de l'article, Poutine pourrait, compte tenu des succès considérables obtenus par la Russie au plan international (notamment au Moyen-Orient et même en Ukraine) prendre du recul sans compromettre en rien ces premiers résultats, déjà bien assurés. Il a réussi à rassembler des fractions initialement divergentes de la société russe, en les unissant notamment au service d'une Russie historique désormais ressuscitée et adaptée aux exigences du prochain siècle. En conséquence, et du seul fait que la Russie a repris toute sa place dans un système multipolaire, les efforts traditionnels de l'Amérique pour dominer un monde unipolaire qu'elle avait mis à son service seraient fortement relativisés. D'ores et déjà, largement en conséquence de la politique de Poutine, l'Amérique voit actuellement son statut de superpuissance diminuer de façon inexorable.

EuroBrics

Le relatif effacement de Vladimir Poutine, et l'entrée assurée de la Russie dans l'ère démocratique, aurait le considérable avantage de rétablir les relations de toutes sortes, y compris sur le plan diplomatique, avec les pays européens. Ce rétablissement est manifestement souhaité de toutes parts, le maintien de « sanctions » à l'égard de la Russie imposant des sacrifices considérables aux deux parties et compromettant les chances d'une coopération sur les plans notamment scientifiques et technologiques qui pourrait être considérable. Pourrait alors se concrétiser à nouveau le vieux concept d'espace euro-russe.

Les pays du Brics, notamment la Chine, verraient également d'un bon oeil l'effacement volontaire de Vladimir Poutine. La Chine et l'Inde ont intérêt à une bonne coopération avec l'Europe. On peut penser que l'image, d'ailleurs largement fausse d'une Russie agressive, pourrait s'atténuer, cette image étant largement attribuée par les milieux occidentaux à la présence de Poutine. En ce cas, le concept d'euroBrics pourrait enfin entrer en application.

Les experts du GEAB, en développant ces perspectives optimistes, comptent manifestement sur l'élection d'un nouveau président des Etats-Unis qui renoncerait à présenter la Russie comme une ennemie institutionnelle. Ce ne serait certainement pas le cas d'une militariste comme Hillary Clinton, mais sans doute d'un Trump ou d'un Sanders. On peut craindre cependant qu'ils pèchent un peu par optimisme. Le complexe militaro-industriel américain a tellement besoin pour assurer sa survie d'un Poutine réputé dangereux qu'il fera en sorte d'empêcher son départ, voire de l'obliger à se radicaliser.

Pour cela, quelques attentats du type « regime change », menés par la CIA sur le territoire russe, pourrait pousser la population russe à exiger le maintien en poste de Poutine, considéré par celle-ci comme seul capable de faire face à des menaces américaines renforcées. Les intentions de dialogue d'un Trump ou d'un Sanders se trouveraient alors sabotées.


02/06/2016
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