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Un nouveau piège guette Obama, le BMD Program

Il avait semblé que Barack Obama, notamment dans un document publié en novembre dernier ("Barack Obama and Joe Biden on Defense Issues," ) voulait remettre toutes décisions, notamment sur la partie européenne du Ballistic Missile Defense program, à une évaluation plus approfondie de l'efficacité du système tout entier. Peanuts

On sait que l'Administration Bush et les néo-conservateurs ont fait d'énormes efforts diplomatiques pour convaincre Tchèques et Polonais d'accepter des bases de missiles et des radars  visant à couvrir  la frontière orientale de l' « Espace vital américain » protégé globalement par le Ballistic Missile Defense (BMD) program. Celui-ci est engagé  depuis déjà quelques années et son  coût final se chiffrera en centaines de milliards. L'argument politique justifiant de telles investissements repose sur la nécessité de détruire avant qu'ils n'aient pu nuire (hit to kill) tout missile ennemi porteur d'armes de destruction massive, y compris la redoutable Bombe à impulsion électromagnétique supposée utilisable par des Etats moyennement technologiques. Ces missiles sont présentés comme pouvant  provenir des  Etats dits voyous. Mais les Etats voisins, notamment la Russie dans le cas du Ballistic Missile Defence in Europe, y ont vu avec raison un moyen de détruire des missiles russes de seconde frappe, c'est-à-dire envoyés sur les Etats-Unis  à titre de dissuasion (tardive) à la suite d'un premier bombardement atomique américain destructeur.

De plus, comme on le sait, le Ballistic Missile Defense in Europe a servi et sert encore au Département d'Etat pour dresser la Tchéquie et la Pologne contre la Russie et contre les autres Etats de l'Union, en décrédibilisant les projets de défense européenne et en attisant les sentiments anti-russes encore très présents à l'est de l'Europe.

Or il avait semblé que Barack Obama, notamment dans un document publié en novembre dernier ("Barack Obama and Joe Biden on Defense Issues," ) voulait remettre toutes décisions, notamment sur la partie européenne du BMD, à une évaluation plus approfondie de l'efficacité du système tout entier. Les obamaniaques y avaient vu la preuve de sa volonté d'indépendance à l'égard  du lobby militaro-industriel et par ailleurs, de son désir de détendre les relations avec la Russie.

C'était aller un peu vite en besogne. Dans un article du 19 janvier manifestement inspiré des meilleures sources militaires et industrielles, l'influent Space War explique qu'il n'y a rien à évaluer du tout, car 34 interceptions sur 42 ont réussi, de 2001 à 2007. Par ailleurs, argument imparable, on ne peut évaluer l'efficacité d'un système global que lorsqu'il est totalement déployé. Autrement dit, en particulier, il faudra installer le BMD in Europe dans sa totalité avant de juger de son utilité. Qu'Obama et Biden se le tiennent pour dit.

L'avenir dira ce qu'il en sera. Dans notre éditorial du 17/01 (http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=211&r_id= ), nous estimions que Barack Obama serait prisonnier des divers pièges que vont lui tendre le Pentagone et les industriels de la défense, à supposer qu'il ne les appuie pas en sous-mains. Notre pronostic semble en voie de confirmation, concernant le BMD tout au moins. Mais on ne voit pas comment il en serait autrement quant à d'autres programmes, notamment aéronautiques.

Image: intercepteur participant au BMD Program
27/01/2009
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