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Obama se trompe-t-il sur la Grande Bretagne?

Le monde entier ou presque s'est étonné de constater les pressions inhabituelles en diplomatie, déployées par Obama pour inciter le Royaume Uni à rester dans l'Union européenne (UE), autrement dit à refuser le Brexit.
C'était notamment ce qu'il avait  fait sans aucune pudeur lors de son dernier passage à Londres, le 22 avril. Certes, il y était intronisé par le Premier ministre Cameron, combattant lui-même le Brexit. Mais le discours d'Obama a clairement montré que Cameron était en cette affaire comme dans toutes les autres la marionnette des Etats-Unis. En ce sens l'appui d'Obama n'a pu qu'augmenter la méfiance de l'opinion britannique à l'égard du Premier ministre, et renforcer les partisans du Brexit.

Obama a clairement rappelé que la place de la Grande-Bretagne dans l'UE est absolument centrale pour la politique des Etats-Unis. Elle est la garantie que l'UE ne s'opposera jamais aux Etats-Unis. Tant que la Grande-Bretagne est membre de l'UE, les intérêts américains savent pertinemment que le marché de l'UE leur sera grand ouvert, ceci quelque soit la non réciprocité en ce qui concerne le marché des Etats-Unis pour les produits de l'UE. Ils pensent aussi , s'appuyant sur les positions de Tony Blair et du Labour à l'ancienne mode, qu'ils peuvent compter sur la Grande-Bretagne pour appuyer leurs visées géostratégiques et militaires partout dans le monde, notamment en Syrie et en Ukraine.

C'est pourquoi il n'est pas question pour les Etats-Unis de laisser se produire le Brexit. Il est clair que la position des autorités américaines n'est nullement déterminée par l'intérêt des britanniques. Washington va donc multiplier les pressions pour « ramener à la raison » la majorité politique britannique.

Mais l'on peut penser qu'il se trompe lourdement sur l'évolution récente de la pensée politique au Royaume Uni. Celle-ci semble évoluer actuellement sous deux pressions convergentes. La première pourrait être représentée par les adhésions récentes au sein de la classe travailleuse en faveur des objectifs protectionnistes et isolationnistes défendues par Jeremy Corbin. Ce nouveau Labour pourrait trouver hors de l'UE la possibilité de développer des politiques économiques et sociales aujourd'hui interdites par Bruxelles.

La deuxième pression viendrait de l'establishment britannique. Celui-ci est héritier de la culture impériale et ne se résout pas à abandonner la notion de souveraineté ainsi que celle d'intérêt national. Elle supporte manifestement de moins en moins la tutelle américaine, même si la City et Wall Street partagent de multiples intérêts financiers.

Comme l'écrit Jacques Sapir dans un article récent, c'est l'une des raisons pour lesquelles le débat en Grande-Bretagne, et son issue, est d'une telle importance pour les autres peuples d'Europe. Et il n'est pas innocent que ce soit justement dans un des pays de la « vieille Europe », un pays dont l'histoire remonte au plus profonde de l'Histoire et qui de ce point de vue est très similaire à notre pays, que ce débat ait aujourd'hui lieu.

Ajoutons que le Brexit représenterait pour ceux qui en France demandent une sortie de l'UE un appui considérable. Il montrerait que deux grands pays européens pourraient parfaitement survivre et prospérer en dehors d'une UE qui n'est plus qu'un faux nez pour les politiques coloniales américaines.

 

15/05/2016
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Nombre de réaction(s) : 1
Budget de l'U.E.
16/05/2016 10:24:01 | Par : Graziella
Les trois principaux contributeurs au budget de fonctionnement de l'U.E. étant la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France, en cas de Brexit ce budget étant amputé environ d'un tiers ce serait le début de la fin pour ce "machin".
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