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Du discours d'Obama, de la gifle à l'Europe et des pronostics de Lovelock

Que dire du discours d'investiture prononcé par Barack Obama ? Rien. Pour cette raison, nous avons laissé passer quelques jours avant de l'évoquer ici. Nous ne savions qu'en dire, hormis les banalités répandues dans le reste de la presse. A la réflexion, quelques observations s'imposent néanmoins, pour lesquelles nous ferons en partie appel à James Lovelock.

 Ce fut évidemment un bon discours patriotique dans la veine traditionnelle, en appelant à des vertus de l'Amérique tout autant mythiques que réelles, et  plaçant le tout sous la protection divine. Mais aucun des problèmes de la grande crise systémique du monde n'y ont été abordés. Aucune des solutions vraiment nouvelles qui seraient nécessaires n'y ont été  envisagées. Ce discours n'a pas été la véritable analyse scientifique  qui s'imposait. Seule une telle analyse aurait pu rallier à elle d'autres soutiens que ceux provenant de foules magnétisés par le phrasé du verbe. Ceci dit, un président américain, fut-il exceptionnel, pouvait-il faire mieux ? Sans doute pas. Mais il n'y avait  pas de quoi là justifier les commentaires énamourés des chroniqueurs.

Quant aux Européens, à commencer sans doute par Nicolas Sarkozy, qui attendaient d'être invités par le nouveau prophète à le rallier dans sa lutte pour sauver l'Amérique et le monde à sa suite, ils ont reçu une véritable gifle. Manifestement, Barack Obama, comme l'Amérique toute entière, n'a rien à faire de l'Europe. Si l'Europe veut sortir de sa propre crise et contribuer à résoudre celle des autres, elle doit se mettre au travail seule, en comptant sur ses propres forces et ses propres idées. L'Amérique ignore l'Europe, comme l'ignorent l'Asie, les pays musulmans et le reste du monde. Nous devrions nous en persuader, afin de ne compter que sur nous pour assurer notre propre survie, sur une Terre où la culture de mort, tout le laisse penser,  ne cessera de se répandre. 

NB : Pour nous élever au dessus d'une Obamania servile, notons que le chimiste et environnementaliste britannique James Lovelock, du haut de ses 90 années d'expérience (qui ne devraient pas servir de prétexte pour ne pas l'écouter) considère qu'il n'y a rien à comprendre ni empêcher dans la marche de l'humanité actuelle vers l'anéantissement. Pour lui, il s'agit d'un évènement de portée quasi cosmologique qui s'est déjà produit plusieurs fois sur Terre et se reproduira. Le climat et l'environnement physique seront profondément modifiés, la plupart des animaux complexes seront conduits à l'extinction ou tout au moins obligés de changer radicalement d'habitat. L'humanité elle-même, au lieu d'atteindre les 9 à 10 milliards d'individus aujourd'hui prévus pour 2050, sera réduite à un petit milliard, sinon moins. Mais la vie repartira sur de nouvelles bases, comme le fera d'ailleurs l'humanité future.

James Lovelock compare les humains actuels aux premiers organismes ayant maîtrisé la photosynthèse. L'oxygène qu'ils ont répandu dans l'atmosphère a tué la plupart des organismes précédents. Mais dans ce nouvel environnement, de nouveaux organismes se sont rapidement développés. Il se peut que l'humanité contemporaine laisse en héritage à ses rares descendants un milieu technologique intelligent, nouvel oxygène où se développeront de nouvelles formes d'esprit réparties, mieux adaptées que les nôtres pour faire face aux défis nés de notre propre développement. (NewScientist, entretien, « We are doomed, but it's not all bad » 24 janvier 2009, p. 30). Lovelock publiera en février prochain chez Basic Books un nouveau livre, "The vanishing face of Gaïa", dont nous rendrons compte.

 
 
 
26/01/2009
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