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Le réacteur nucléaire israélien de Dimona est-il trop âgé?

La question intéressera nécessairement la France. Les autorités nucléaires et le gouvernement y sont confrontés actuellement à un dilemme qui ne se résoudra pas facilement: soit arrêter des centrales considérées comme anciennes et potentiellement dangereuse, comme celle de Fessenheim, en fonctionnement depuis 1978, soit prolonger leur vie pour au moins 20 ans, soit les remplacer par des centrales de nouvelle génération.

 Dans les trois cas, et compte tenu du fait que la France ne peut compter rapidement sur les énergies nouvelles pour remplacer à 50% la part du nucléaire, comme promis par le gouvernement, les dépenses seront considérables. Leurs coûts respectifs seraient à peu près comparables.  Leur financement n'est en fait pas assuré aujourd'hui.

Dans ces conditions, on peut prévoir sans trop de risque de se tromper que les centrales âgées ne seront pas démantelées, sauf peut-être à titre de bonne volonté celle de Fessenheim. Leur vie sera prolongée. Mais cette prolongation entrainera de nombreux coûts, au regard des normes de sécurité sévères appliquées en France.

A titre de comparaison, il sera intéressant de voir ce que fera Israël dans le cas de son unique centrale, celle de Dimona. Le réacteur de Dimona a été mis en place par la France à la fin des années 50, et mis en service en 1963. Il a donc 15 ans de plus que celui de Fessenheim. Jusqu'à présent cependant le gouvernement n'a jamais voulu le considérer comme trop âgé. D'une part pour le rentabiliser jusqu'au bout, et d'autre part parce que la construction d'un nouveau réacteur l'obligerait à accepter des contrôles internationaux accrus.

Non signataire du TNP (Traité de non-prolifération) et échappant au contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Israël a néanmoins accepté de se mettre en conformité avec les règles de sécurité de l'AIEA. De tels contrôles révéleraient très probablement que le réacteur ne poursuit pas que des fins civiles. Il contribue certainement à produire les éléments nécessaires à la construction de bombes nucléaires. Or Israël a toujours nié le fait – dans l'incrédulité générale d'ailleurs, mais sans que l'accusation ait pu jusqu'ici être explicitement prouvée. Ceci ne serait plus possible avec la mise en place d'une nouvelle centrale.

Cependant Israël aura-t-il le choix? Le journal Ha'Aretz vient de révéler qu'a la suite d'une échographie, 1.537 microfissures ont été détectées dans l'enveloppe du réacteur. Selon les scientifiques consultés, celles-ci ne menacent pas nécessairement à court terme l'étanchéité de l'enveloppe. Mais le pire n'est pas exclu, avec libération à grande échelle de combustible nucléaire. La population,si elle est consultée, ne voudra certainement pas courir ce risque, malgré son patriotisme. Il sera très instructif pour la France de voir ce qui sera finalement décidé dans le cas de Dimona.

Références

Ha'Aretz http://www.haaretz.co.il/news/politics/1.2926650

Wikipedia. Dimona https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Dimona





02/05/2016
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