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Le Pentagone se prépare aux élections présidentielles américaines. Pour cela il prépare une guerre avec la Russie

Les provocations incessantes du Pentagone, via Otan interposé, à l'égard de la Russie, redoublent de virulences ces temps-ci. C'est l'annonce du renforcement des moyens d'interventions proprement américains aux frontières de la Russie. C'est la demande que vient de réitérer Obama lors de son séjour en Allemagne pour que ses alliés de l'Otan fassent de même, en augmentant sensiblement les effectifs qu'ils déploient sur cette même frontière, et s'ils ne le font pas, leurs contributions au budget de l'Otan 1)
Mais ce sont  surtout les manœuvres de sous-marins et destroyers lance-missiles à la limite des eaux internationales de la Baltique qui doivent attirer l'attention. Manifestement, elles visent à provoquer non seulement des incidents graves mais des situations d'affrontement militaire avec Moscou. Le dernier de ces incidents graves fait l'objet de nombreux commentaires. Il est suffisamment connu pour que nous n'y revenions pas ici. Il s'agit de l'affaire dite de l'USS Cook. Celui-ci patrouillait délibérément à l'extrême limite des eaux territoriales russes. Il s'agissait manifestement de provocations obligeant Poutine soit à choisir de faire comme s'il ne remarquait rien – ce qui le déconsidérait définitivement aux yeux du monde– soit à commencer à réagir militairement.

Cette réaction russe a été fort modeste, consistant en un survol de l'USS Donald Cook au plus près de sa passerelle par un SU 24 russe. Mais le Pentagone et le parti de la guerre aux Etats-Unis menacent d'abattre le chasseur russe en cas de récidive, sans vouloir un seul instant cesser leurs provocations navales. Manifestement, ils n'attendent qu'un nouveau survol en réaction de ces provocations répétées pour abattre un avion de combat – comme ceci avait été fait par l'allié turc précédemment. 2)

Préparer l'élection du futur POTUS

Du pont de vue des rapports de force, ces provocations américaines n'ont aucun sens, sauf à vouloir déclencher une guerre atomique. Les moyens militaires, aériens, navals et terrestres, que pourrait déployer très rapidement la Russie, surpasseraient rapidement ceux de l'Otan et même ceux mobilisables à partir du territoire américain. Il faut donc chercher une autre raison aux agressions américaine, et à cette volonté de conduire les relations américano-russes aux limites de la guerre.

Pour nous la réponse est simple. Il s'agit pour le Pentagone et pour tout ce qui constitue le lobby de la guerre aux Etats-Unis, de préparer l'après Obama. Ou Donald Trump l'emporte aux élections présidentielles, ou c'est Hillary Clinton. Dans le cas de Donald Trump ses déclarations préélectorales ne peuvent qu'inquiéter le parti de la guerre. Trump envisage en effet de reprendre des relations normales avec la Russie. Même s'il n'allait pas jusque là, il ne serait pas favorable à la poursuite des affrontements actuels. Provoquer une situation de pré-guerre l'obligerait à revoir toutes ses bonnes intentions, sauf à se faire accuser de trahison par l'establishment.

Si c'était Hillary Clinton qui l'emportait, il faudrait la forcer à mettre en application ses projets belliqueux qui font l'essentiel de son programme électoral. Le parti de la guerre pourra craindre que confrontée à la réalité des rapports de force avec la Russie, elle ne baisse un peu le ton à l'égard de du Kremlin. Elle ne pourrait évidemment plus le faire dans le cadre d'un conflit ouvert. Elle serait obligée de renchérir. Ce ne veut pas dire qu'elle déclencherait nécessairement un affrontement conventionnel voire nucléaire tactique avec la Russie, du moins dans l'immédiat. Mais elle mettrait toutes ses forces à la neutralisation de Vladimir Poutine en vue de son remplacement au Kremlin par des dirigeants russes américanophiles. Il n'en manque pas.

Notes
1) A ce propos, François Hollande participait à cette réunion. Qu'a t-il répondu aux exigences en ce sens martelées par Obama hors de toute réserve diplomatique?
2) On lira sur ce sujet un excellent article de Philippe Grasset sur De Defensa, daté de ce jour 28/04. Inutile de le paraphraser ici. (http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-quelques-embruns-dansla-baltique

28/04/2016
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