Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser
Les mots clés

Primaires de New-York. Et après?

Donald Trump, côté républicain, et Hillary Clinton, côté démocrate, ont remporté la primaire organisée mardi 19 avril dans l'Etat de New York, accomplissant chacun dans leur camp un grand pas vers l'investiture pour l'élection présidentielle du 8 novembre, aux Etats-Unis.
Côté démocrate, on aurait pu penser que Jeremy Sanders l'aurait emporté, face à Hillary Clinton, empétrée dans de multiples accusations, la dernière en date montrant qu'un examen plus attentif des Panama Papers compromet dans ce scandale, sinon elle-même, du moins un nombre impressionnant des organisations ayant financé sa campagne (Lire http://www.zerohedge.com/news/2016-04-18/multiple-clinton-connections-emerge-ongoing-panama-papers-fallout )

Mais les questions étaient sans doute trop technique pour influencer son électorat populaire traditionnel à New York, convaincu comme elle l'avait promis qu'elle se battra pour l'égalité femmes-hommes, les droits des minorités raciales, la hausse des revenus sociaux, tous domaines dans lesquels elle ne fera rien, parce que l'establishment qu'elle représente ne voudra rien faire.

Coté Trump, les succès spectaculaires qu'il a obtenu le 19 semble conforter ses chances d'être désigné comme le champion des Républicains et sans doute de pouvoir l'emporter sur Hillary Clinton dans le vote final. Mais rien n'est moins sûr compte tenu de l'opacité des mécanismes permettant d'élire dans chaque parti, de façon indirecte, le candidat final de ce parti.

Processus peu démocratiques

Dans un texte précédant, nous avions renoncé à décrire ces méthodes, tâche impossible dans le cadre d'un de nos articles. Nous avions seulement indiqué qu'elles rendaient le concept de « Démocratie en Amérique » tant voté par Tocqueville, comme parfaitement trompeur. Tout est fait au contraire pour que l'establishment américain et le complexe des intérêts économico-militaire s'abritant derrière lui continuent à gouverner le pays, comme ils l'avaient toujours fait (sauf peut être sous Roosevelt).

Disons seulement ici que, pour désigner leurs candidats, les principaux partis organisent des primaires. Il s'agit d'un scrutin indirect, mais chaque État et chaque parti a son propre mode d'élection des « délégués » qui désigneront le candidat lors de la convention nationale du parti. Il peut s'agir de « caucus, » sorte de meetings locaux où les gens débattent et choisissent à main levée les délégués de circonscription, qui élisent à leur tour des délégués de comté, qui votent enfin pour les délégués de la convention nationale.

Il peut aussi s'agir de primaires avec vote à bulletin secret, que ces primaires soient fermées (seuls les membres du parti peuvent voter), semi-ouvertes (les indépendants peuvent également participer), ou ouvertes (chacun peut y participer, mais il est interdit de voter à plus d'une primaire). L'attribution des délégués dépend encore de l'Etat concerné. Parfois, c'est à la proportionnelle pure, parfois le vainqueur remporte tous les délégués en jeu, et parfois c'est une solution intermédiaire.

En plus des délégués élus qui, au premier tour de leur vote à la convention, doivent respecter le choix de leurs électeurs, il y a des super-délégués participant de droit à la convention et libres de leur vote. Ils représentent de l'ordre de 15% des délégués chez les démocrates, 7% chez les républicains, et votent en général principalement pour le candidat bien vu de l'establishment. Lors de la convention nationale du parti, il ne reste la plupart du temps qu'un seul candidat, les autres ayant abandonné au cours de la primaire

En 2016. cependant, les trois candidats républicains semblent déterminés à aller tous jusqu'au bout, les deux les plus mal élus pour contrer Trump. Ceci risque de donner lieu à une « convention négociée », puisque vraisemblablement aucun des trois n'obtiendra la majorité absolue au premier tour : le candidat sera donc choisi après débats et compromis et ne sera pas nécessairement celui arrivé en tête des votes populaires . Ce scénario sera sans doute défavorable à Trump qui, bien qu'assuré pratiquement d'être le premier, pourrait ne pas être choisi,

Dans ce cas, on peut imaginer que les millions de jeunes électeurs ayant voté pour Trump ne se laisseront pas voler leur victoire. Il en sera de même chez les Démocrates de ceux ayant voté pour Sanders. Autant dire qu'un Président élu de cette façon, quel qu'il soit, n'aura pas la tâche facile. Certains s'en indigneront? D'autres s'en réjouiront. Ce pourrait être après presque deux siècles un début de « Démocratie en Amérique » .

Ajoutons que ceux qui- en Europe, estiment les procédures électorales insuffisamment démocratiques, devraient se réjouir de ne pas avoir à voter en Amérique.



20/04/2016
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire