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Obama, roi des blanchisseurs

Obama annonce sa volonté de mettre fin au régime fiscal opaque du Delaware. Que le Delaware se rassure, il n'en fera rien

Dans notre article du 06/04 « Inscrire les Etats-Unis en tête de la liste des paradis fiscaux »http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=2115&r_id= nous écrivions

" Le Panama devrait rappeler, fut-ce au dépens de ses bonnes relations avec les Etats-Unis, que les plus nombreux et les plus importants des paradis fiscaux au monde se trouvent depuis quelques années aux Etats-Unis. Un nombre considérable d'Etats fédérés ont en effet décidé d'offrir une fiscalité très accueillante et divers services associés à des effectifs apparemment nombreux de riches contribuables désireux d'échapper aux réglementations de leur pays d'origine visant à détecter les fraudes et contrôler les évasions fiscales de leurs propres citoyens.

Ces paradis fiscaux américains hébergent évidemment des fraudeurs américains, considérés avec la plus grande des complaisance par Wall Street et Washington. Ceux-ci n'ont pas de raison de s'abriter au Panama. Ils ont tout ce qu'il faut à la maison."

Aujourd'hui, 13/04, nous n'avons évidemment rien à retirer à ces propos. Constatons seulement que, dans les milieux les plus indulgents à l'égard des Etats-Unis, la grande puissance tutélaire et insoupçonnable, les mêmes réflexions commencent à se faire jour. Nous recevons ainsi communication d'un document en circulation dans les « milieux autorisés » comme aurait dit Coluche, qui pose les questions suivantes:

« Cette histoire éclate et vise Panama exactement au moment où Obama annonce sa volonté de mettre fin au régime fiscal opaque du Delaware (ce qu'on attend de voir, tant ces effets d'annonce sont rarement suivis d'effets aux Etats-Unis). 

Mais comment se fait-il que ceux-ci, grands pourfendeurs de paradis fiscaux, la Suisse en sait quelque chose, n'aient pas fait le ménage chez eux plus tôt? Et pourquoi l'OCDE, dans sa grande remise en ordre des pratiques fiscales mondiales, a-t-elle fermé les yeux sur les paradis américains? Voilà ce qui serait important de rechercher et non pas si Poutine possède une société au Panama (ndlr: ce qui n'est évidemment pas le cas)

Est-il plus grave que la femme d'un élu islandais ouvre un compte offshore, ou que le président démocrate de la première puissance mondiale tolère, depuis huit ans qu'il est au pouvoir, des paradis fiscaux hyperactifs sur son propre territoire, couvrant ainsi une véritable industrie de la fraude et du blanchiment, dans le même temps qu'il la dénonçait âprement ailleurs? Poser la question c'est y répondre.

Ajoutons ici pour notre part que les chefs de diplomatie des sept puissances du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont participé à une rencontre ministérielle dans la ville japonaise d'Hiroshima les 10 et 11 avril. Ils ont appelé à intensifier la lutte contre Daesh. Les chefs d'Etat et de gouvernement du G7 se retrouveront pour leur sommet annuel fin mai à Ise-Shima, petite ville du centre de l'archipel nippon.  

Lutter contre Daesh est bien. Mais il serait plus urgent encore de lutter vraiment contre les paradis fiscaux, beaucoup plus destructeurs pour la démocratie que Daesh. Or aucun ministre n'en a parlé le 11 avril, aucun chef d'Etat, nous en sommes persuadés, n'en parlera fin mai. En parler non pas pour exprimer de vagues regrets, mais pour mener ensemble une lutte efficace contre les paradis fiscaux, à commencer par ceux qui prolifèrent, comme rappelé ci-dessus, aux Etats-Unis et en Grande Bretagne.

Comme l'écrit par ailleurs Sputnik, ne pas participer au G7 honore la Russie.



13/04/2016
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