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Le « pivot » d'Obama vers l'Amérique Latine

La visite d'Obama en Argentine, après celle faite à Cuba, marque la volonté américaine de reprendre pleinement pied en Amérique Latine, après les quelques oppositions qu'avaient suscitées dans certains pays le néo-colonialisme de Wall Street et de Washington.
L'élection d'un certain Mauricio Macri à la présidence le 15 décembre 2015 était passée à peu près inaperçue en France. Il s'agit pourtant d'un retour en force de l'Amérique en Argentine, après les années Cristina Kirchner, présidente depuis octobre 2007, et qui avait le tort de regarder un peu trop vers le Brics. Macri est un homme d'affaires multimillionnaire pour qui le capitalisme américain est seul capable d'apporter la prospérité aux classes dirigeantes argentines.

Obama, dans un discours d'une rare hypocrisie, a salué en lui un grand défenseur des droits de l'homme. En fait, l'objectif américain est de supplanter l'influence grandissante de la Chine en Amérique latine et notamment en Argentine dans ce que l'Amérique continue à considérer comme sa chasse gardée.

Depuis son élection, Macri a supprimé 50.000 emplois dans le secteur public et indirectement 75.000 dans le secteur privé. Il a supprimé le contrôle des changes, ce qui s'est traduit par une dévaluation de 30% du peso et des baisses massives de salaires.

Dans le même temps, il a commencé à réduire fortement les équipements publics en matière d'éducation et de santé. Pour compenser, si l'on peut dire, il a considérablement diminué les taxes frappant les grands propriétaires fonciers et remis en selle les fameux « fonds vautours » de Wall Street, contre lesquels Christina Kirchner s'était battue afin de les empêcher d'acquérir à bas prix les actifs argentins.

On retrouve en fait avec Macri les massifs transferts de ressources vers l'oligarchie que le dictateur Videla avait imposées avant d'être renversé. Celui-ci pour mener cette politique avait procédé à des assassinats et des tortures massives. Macri n'en est pas encore là. Mais si la réduction de niveau de vie imposée au peuple entrainait des soulèvements, on peut être certain que Macri trouvera parmi les héritiers des péronistes et des militaires de quoi faire à nouveau régner la terreur.

C'est sans doute ce qu'Obama voulait dire en saluant en Macri le champion des droits de l'homme. Ce type de « pivot américain » vers l'Amérique latine devrait faire réfléchir les Cubains et les opposants à la présidente Dilma Rousseff actuellement en grande difficulté au Brésil.


30/03/2016
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