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Le G20 à Shanghaï? Comment tromper les opinions publiques.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales du G20 se sont réunis pendant deux jours à Shanghai. Ils préparaient le sommet du G2 prévu à Hangzhou (Chine) pour les 4-5 Septembre 2016. Ils ont principalement affiché leur préoccupation face à la décroissance de l'économie mondiale, déstabilisée notamment par le ralentissement de la croissance chinoise.

Mais, même si les inquiétudes sont grandes, ce G20-Finances n'a pas débouché sur le moindre début de remise en cause du processus économique mondial. On aurait cependant pu attendre des représentants de la Chine et de la Russie des constatations et propositions différentes de celles manifestement inspirées par les maîtres de Wall Street, pour qui seule compte l'augmentation des profits à court terme.

Quelques semaines après l'unanimité de façade présentée lors de la COP21 par des Etats ayant affirmé vouloir lutter contre les dérèglements climatiques et la destruction des écosystèmes, il aurait paru légitime que le G20 s'interroge sur la notion de croissance, considérée comme un accroissement permanent des dépenses inutiles ou dangereuses, accroissement dont seuls profitent les spéculateurs financiers et dont les populations ne retire aucune amélioration de leurs niveaux de vie. Ils auraient pu envisager une reconversion de celle-ci allant dans le sens des objectifs proposés par la COP21.

On retiendra de Shanghai un appel à l'engagement des Etats pour utiliser tous les leviers de l'investissement public pour relancer la croissance. Mais ces leviers ont été globalement résumés en une diminution des fiscalités et en assouplissement des réglementations du travail. De telles mesures sont réclamées en chœur par tous les chefs d'entreprises du monde, en Occident comme en Chine et en Russie. On voit bien les profits qu'en tireront les employeurs, mais on ne voit pas en quoi des investissements publics allant dans le sens de la protection de l'environnement en seront favorisés.

Il est vrai que de tels investissements, dans un premier temps, coûteront plus cher qu'ils ne rapporteront. Ce sera le cas par exemple du développement des énergies vertes face à la croissance permanente de la consommation de charbon et pétrole. Il en sera de même d'investissements en profondeur dans le domaine d'une économie numérique convenablement distribuée et ne restant pas le monopole des Google et autres Facebook.

Mais l'idée que la « croissance » réclamée par tous à Shanghai, et faisant appel notamment aux soutiens des gouvernements, pourrait reposer sur de tels investissements, aurait été considérée comme sacrilège. Elle ne pourrait que provenir d'idéalistes en mal de protection de l'environnement, et hostiles à toutes recherche de profit à court terme.

Répétons-le. Il a été décevant de constater qu'au G20 les représentants de la Russie et de la Chine ne se sont distingués en rien des autres « grands argentiers » du monde. Il en sera de même inévitablement à Hangzhou en septembre. Mais quels utopistes inguérissables pourraient-ils espérer le contraire ?

29/02/2016
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