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Les mauvais exemples donnés par la France à l'Europe (suite)

Au rythme selon lequel le président de la République française « réforme » cette dernière, notre chronique des mauvais exemples donnés par la France à l'Europe pourrait devenir quotidienne. Limitons nous aux plus lourds de conséquence. Parmi ceux-ci, nous mettrons en premier aujourd'hui l'annonce faite par Nicolas Sarkozy à Saint Lô, où il était venu pour présenter ses voeux aux personnels de l'Education nationale.

Il y a confirmé qu'il était plus déterminé que jamais à poursuivre l'action engagée. Autrement dit, il maintient la politique annoncée de fortes réductions des effectifs. Il se justifie en affirmant que la solution n'était pas "plus d'argent, plus de postes". "Si la solution du plus d'argent était la bonne, alors pourquoi tous les ministres de l'Education précédents ont-ils échoué alors qu'ils ont tous donné plus d'argent, plus de moyens?", a-t-il demandé.

Les enseignants ne nient pas que le lycée, comme les autres structures d'enseignement, doive être réformé ponctuellement. Mais ils ne demandent pas « plus d'argent, plus de postes ». C'est leur faire un mauvais procès, proche du populisme. Ils demandent le maintien des effectifs actuels, quitte à les redéployer localement. Les diminuer constitue un véritable crime contre l'esprit, en cette période de crise économique où nos sociétés doivent accentuer  leur reconversion vers une économie de la connaissance, tout en soutenant bien plus qu'actuellement l'intégration des classes défavorisés,

Il est temps, au niveau de l'Europe toute entière, de considérer les recrutements d'enseignants des divers niveaux, depuis la maternelle jusqu'à l'université, comme de véritables investissements d'avenir. Certes ces enseignants devront sans cesse améliorer leurs compétences professionnelles, mais globalement, on peut leur faire confiance pour le faire. Les harceler, les diviser, les opposer aux autres catégories de citoyens, ne peut que participer à une politique déjà bien installée dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Il s'agit de mettre de plus en plus de services publics en difficulté face aux agences  privées. Or celles-ci, par définition, visent en premier lieu le profit de leurs actionnaires et non l'intérêt général.  

Nos lecteurs s'étonneront peut-être de nous voir adopter ce langage d'extrème-gauche, sur un site aussi modéré que le nôtre. Mais nous pensons en l'espèce que ce discours est de plus en plus justifié, comme le rappellent de nombreux observateurs neutres. Que dire par exemple de l'annonce faite récemment en France selon laquelle les entreprises privées de sécurité allaient devoir recruter 200.000 (ou 400.000...ne comptons même plus) nouveaux membres, alors que les effectifs de la police et de la gendarmerie seraient diminués de 10.000 emplois? Qui paiera ces entreprises de sécurité ? Nécessairement, directement ou indirectement, ce seront les citoyens. On conçoit qu'ils préfèrent avoir affaire à des forces de l'ordre républicaines. Il en est de même depuis longtemps dans le secteur de la santé, où l'amaigrissement des hôpitaux offre un bel avenir aux praticiens et cliniques privées non conventionnés.

Un essayiste britannique écrivait récemment (dans l'EuObserver) que Nicolas Sarkozy ferait un bon président intérimaire de l'Europe, car il avait le culot de tutoyer les chefs des grands Etats. Mais l'Europe a moins besoin de cela que d'un modèle où les vertus de l'économie mixte et de l'Etat providence sont réhabilités face aux ravages de la privatisation  et de la concurrence à tout-va.



12/01/2009
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Nombre de réaction(s) : 1
La vraie réforme des services publics est à faire
13/01/2009 11:19:48 | Par : lavergne
Pour réformer un service public, il faut s'y prendre autrement que ne fait NS. Il faut le valoriser et non réduire ses effectifs et le faire concurrencer par le privé, lequel ne s'intéresse qu'à des clients fortunés. C'est vrai pour l'éducation, la santé, la police et la justice, sans oublier la défense. Nous avons intérêt à redéfinir sur le long terme les besoins et les missions des services publics, en les considérant comme des investissements et non des dépenses. Ceci en associant évidemment citoyens-usagers et agents publics. La droite je crains sera toujours idéologiquement incapable de faire cela.
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