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Remercions le « philanthrope » George Soros de ses bons conseils

« L'Europe est sur le point de s'effondrer » . Interview de Georges Soros au magazine allemand « WirtschaftWoche », le 11/02/016
On trouve une traduction en français de cet interview, et quelques commentaires de lecteurs, sur  Les Crises
http://www.les-crises.fr/lue-est-au-bord-de-leffondrement-interview-de-george-soros/#.VrsagN2QExw.facebook

Un tel discours, où l'on retrouve tous les poncifs d'un américanisme pour qui l'Europe est et doit rester une colonie docile, mérite-il en éditorial des commentaires sur notre site? Rappelons seulement quelques points à garder en tête, face à l'accueil très favorable qu'apportent les grands médias européens à ce qui est pourtant une déclaration de guerre à l'encontre de ceux pour qui l'Europe doit sortir de son asservissement à Wall Street et à Washington – asservissement dont ces médias offrent une preuve permanente.

- L'Union européenne (UE) a été imaginée dès la fin de la 2e guerre mondiale et la montée en puissance de l'URSS, comme une coalition d'intérêts capables d'être mobilisés politiquement puis militairement contre Moscou. Ce dernier était devenu l'ennemi, du fait de l'arme nucléaire qu'il venait d'acquérir. Et aussi du fait qu'il représentait des valeurs sociétales à l'opposé de celle d'un monde soumis aux exigences d'un capitalisme industriel puis financier incarné par le système politique américain. L'Otan est aujourd'hui devenue l'arme permettant de conduire les implantations militaires américaines toujours plus près des frontières russes.

Parallèlement, l'UE a été formatée, dans le cadre d'une « concurrence libre et non faussée », pour servir de marché d'exportation aux industries et banques américaines, aujourd'hui largement décentralisées dans des pays émergents qu'elles s'efforcent de garder dans leur orbite. L'arme de cette politique a été la dépendance imposée à l'égard du « roi dollar ». La mise en place de l'euro sous le contrôle d'une banque centrale européenne BCE soumise aux décisions de Wall Street, est aujourd'hui devenue l'arme pour empêcher les pays européens de financer avec leurs propres épargnes des investissements productifs susceptibles de concurrencer les produits made in USA.

- L' « effondrement de l'UE » annoncé par George Soros correspond au fait qu'un nombre de plus en plus grand d'hommes politiques et de sociétés européennes veulent échapper à la domination de Wall Street et Washington, bien représenté par un George Soros et ses homologues. Pour cela, ils veulent, sans sortir nécessairement d'une démarche de construction européenne, en repenser radicalement les traités, qu'ils concernent tant les institutions de Bruxelles que celles de Francfort (BCE). Cependant, dans cette recherche d'indépendance, d'autonomie et de souveraineté, ils se heurtent encore aux résistances de leurs propres gouvernements, subissant sous de nombreuses formes le contrôle américain.

- Angela Merkel est un exemple de cette servitude acceptée. Ayant un moment paru, sous les pressions des industriels allemands eux-mêmes, vouloir prendre de l'indépendance pour notamment permettre des rapprochements avec la Russie et la Chine (Nouvelle route de la soie), elle est retombée entièrement sous le contrôle des intérêts américains, d'une façon laissant d'ailleurs suspecter le rôle occulte de la CIA et autres NSA. Mais Angela Merkel, dans sa nouvelle vocation pro-américaniste, a commis des erreurs qui la fragilisent et que déplore George Soros.

Son intransigeance vis à vis de la Grèce et d'autres Etats européens conduira de plus en plus ces derniers à envisager une sortie de l'UE et de l'euro. Par ailleurs, récemment, Angela Merkel est avec une grande naïveté tombée dans le piège de Washington pour qui un afflux de migrants en Europe serait une arme pour ramener à la raison des Etats désireux de s'émanciper. Faut-il rappeler que 10 ans d'aventures militaristes américaines au Moyen-Orient ont généré au moins une centaine de millions de personnes déplacées fuyant les guerres américaines, et que les agences et ONG américaines, en alliance avec la Turquie de Erdogan, ont fait ce qu'il fallait pour organiser le passage de ces migrants vers l'Europe afin de la déstabiliser plus encore. Seul Victor Orban en Hongrie a eu le courage de refuser l'afflux des migrants, ce qui en fait la cible des attaques de George Soros.

- Au plan des rapports entre l'Europe et la Russie, ce n'a pas été une prétendue volonté de Vladimir Poutine pour menacer puis envahir l'Europe, mais la volonté délibérée du Département d'Etat américain visant à transformer quelques difficultés entre la Russie et l'Ukraine, en un théâtre d'affrontement permanent entre l'Europe et Moscou, affrontements où les plus engagés des néo-cons américains n'hésitent pas à envisager le recours à l'armement atomique.

- Quant à une prise de distance de Londres à l'égard de l'Union, à supposer qu'elle se précise sous les pressions des indépendantistes et des nouveaux travaillistes, ce ne serait pas une catastrophe pour l'Europe continentale mais seulement pour l'alliance Wall Street- Cité de Londres. Un « brexit » réussi donnerait au contraire à toutes les forces de gauche ou de droite qui réfléchissent en Europe à la question un bon exemple permettant de suivre le même chemin. Ceci d'abord en Hongrie précitée, sans doute en Pologne et éventuellement en Espagne et en Italie. La France alors ne tarderait pas à suivre cet exemple.

- Rappelons enfin que ce que George Soros appelle une « société ouverte » sur le modèle américain est une société entièrement soumise aux intérêts occultes des géants américains de l'Internet et des réseaux. Peut-être peut-on encore, comme nous le faisons ici, y conserver une apparence de liberté d'expression. Mais il ne s'agit que d'une apparence. Tout ce que les activistes peuvent dire, dans un parfait silence des médias officiels, de la domination de ces grands de l'Internet ne gène en rien leur pouvoir.

Et encore, nous ne parlons ici que de la liberté d'expression. De quelles libertés et de quelles ressources jouiraient les scientifiques et industriels authentiquement européens qui voudraient sérieusement concurrencer les « cerveaux globaux «  que Google et autres Facebook sont en train de mettre en place à l'échelle du monde.

Note

Voir sur George Soros Wikipedia (à  lire avec quelque distance)
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Soros

13/02/2016
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