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La pollution au plomb de l'eau potable. Par quoi se payent les économies sur les services publics.

Assez curieusement, la grande presse en France ne donne guère d'écho à une affaire de pollution qui secoue dorénavant toute l'Amérique ...et qui sera un élément important en faveur du « socialiste » Bernie Sanders lors des prochaines élections présidentielles américaines.
L'affaire de Flint remonte à 2011. A cette date, le gouverneur du Michigan Rick Snyder a nommé un contrôleur financier pour imposer des économies dans les finances publiques de la ville de Flint. En conséquence de quoi, la municipalité a décidé de puiser son eau dans la rivière locale plutôt que de continuer de l'acheter auprès de Détroit. Or si l'eau de Détroit est à peu près potable, il était clair que l'usine de traitement de Flint ne pouvait donner une eau aux normes locales et fédérales.

Peu de temps après la mise en place de cette mesure, les citoyens de Flint se sont plaint de vomissements, de pertes de cheveux et d'éruptions cutanées. Ceci a été attribué à une bactérie. La  ville a publié de nombreux avis demandant à la population de faire bouillir l'eau avant de la consommer.

Les industriels savaient que la cause en était la contamination au plomb d'un réseau archaïque de distribution, pollué par les activités industrielles de la région. General Motors avait très tôt a cessé de l'utiliser dans ses usines, l'eau trop corrosive endommageait les pièces des voitures. Mais pas seulement : elle a également attaqué les parois du vieux système de canalisations de la ville, jusqu'à ce que du plomb s'en échappe.

Le cas fait aujourd'hui tant de bruit que Barack Obama vient de rencontrer Karen Weaver, la maire de Flint. Mais à ce jour rien de conclusif n'a été décidé. Qui paiera les réparations nécessaires?

Or dans le même temps, une deuxième affaire de contamination vient d'éclater dans la ville de Sebring, dans le Midwest. Là encore il apparaît qu'en sont responsables les économies imposées à la municipalité par des autorités locales acquises aux thèses conservatrices, selon lesquelles les services publics sont la cause de la perte de compétitivité de l'Amérique.

La privatisation des réseaux de production et de distribution d'eau potable en France entrainera-t-elle les mêmes résultats. L'entreprise Véolia, principale bénéficiaire, affirme qu'il n'en sera rien. Il est vrai que de tels dysfonctionnement terniraient gravement son image à l'exportation. Mais les villes conserveront-elles longtemps les moyens de contrôler la qualité des eaux, sans s'en remettre nécessairement aux promesses de Veolia? La même question est déjà posée et reste sans réponse concernant la qualité de l'air




27/01/2016
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