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2016. Des prévisions pas si catastrophiques que ne l'affirme Bloomberg

Les publications de Bloomberg, qu'elles soient en ligne ou reprises par les grands médias, sont considérées comme une bible indispensable par tous les experts financiers du monde. Ceci peut se comprendre car Bloomberg exprime véritablement une quintessence des intérêts de Wall Street et de Londres, comme ceux de nombreuses autres places dans le monde.

Pour un esprit critique, tel que celui dont nous efforçons de nous inspirer sur ce site, il convient évidemment de lire et méditer le plus grand nombre possible des articles publiés par Bloomberg. Mais cela ne veut pas dire qu'il faille tous les prendre au pied de la lettre. Dans beaucoup de cas au contraire il peut être judicieux d'adopter des positions contraires à celles qu'y défendent les auteurs des articles. Il faut dans tous les cas, essayer de comprendre au nom de quels intérêts, grands ou petits, ceux-ci s'expriment.

Cet exercice nous paraît en ce début d'année plus particulièrement s'imposer à la lecture des prévisions de certains experts, repris par Bloomberg, concernant les évènements susceptibles de se produire en 2016, avec des conséquences bien au delà de cette date. Ils seraient tous à peu près catastrophiques. Mais aurons nous la même lecture que Bloomberg, concernant ces évènements, à supposer qu'ils se produisent?

Bloomberg en donne une liste impressionnante, que l'on trouvera sous le titre de « Here's Everything That Could Go Wrong in 2016 » (voir http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-12-15/imagine-a-world-where-black-swans-really-do-come-true-in )

La plupart de ces évènements, à supposer qu'ils se produisent, ce qui n'a évidemment rien de certain, ne seraient pas nécessairement à nos yeux des catastrophes. Au contraire. Ils induiraient des changements de grande ampleur qui pourraient être mal vécus par ceux qui financent Bloomberg mais qui pour nous pourraient au contraire annoncer des évènements prometteurs. Il en adviendrait sinon la destruction du Système américano-financier qui nous domine, mais au moins des difficultés dont nos gouvernements, nos entreprises et nos intérêts européens pourraient profiter, à supposer d'en être capables, pour reprendre un peu de poids dans le monde à la faveur des bouleversements annoncés.

Pas nécessairement des catastrophes

Prenons quelques exemples. Bloomberg annonce que l'Etat islamique ou Daesh pourrait détruire par des attentats de grande ampleur les gisements pétroliers irakiens, à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Il en résulterait que le monde perdrait l'accès à des exportations de 3, 5 millions de barils par jour et que le prix du brent remonterait à plus de 100 dollars le baril. Ce serait certainement un passage difficile pour tous les intérêts qui prospèrent autour d'un bas prix du pétrole, mais au contraire une très bonne nouvelle pour les autres Etats exportateurs. Ce serait aussi une très bonne nouvelle pour toutes les industries d'avenir investissant dans les énergies renouvelables. Notamment une très bonne nouvelle pour la France.

Dans un autre domaine, Bloomberg annonce des évènements politiques qu'il présente comme susceptibles d'induire des changements catastrophique dans l'équilibre du monde: une chute d'Angela Merkel fragilisée par son irresponsabilité dans l'affaire des migrants, l'élection à la Maison Blanche de « The Donald » présenté comme un irresponsable ou la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne. Pour nous, comme nous le répétons à longueur d'article, il ne s'agirait pas de catastrophes mais d'évènement obligeant à repenser en profondeur le contrat européen ou les relations de l'Europe avec les Etats-Unis.

Plus délicats à gérer seraient des attentats, là encore menés par Daeshh associé avec des hackers occidentaux, pouvant détruire les noeuds de la communication mondiale voire les activités de nombreuses banques et entreprises. Il faudrait faire face en Europe, à supposer que les intérêts concernés ne s'y soient pas préparés (ce qui serait leur faute). Mais il serait très possible de reconstituer des réseaux plus réduits, à l'échelle européenne ou même nationale, analogues à ceux dont s'est dotée la Russie. La principale victime de Daesh, dans ce cas, serait l'espionnage économique et politique qu'exercent les Etats-Unis sur le monde, à partir du web mondial. Il est compréhensible dans ces conditions que Bloomberg s'en inquiète.

Observons en passant que Bloomberg et avec lui les intérêts qu'il représente servent indiscutablement les recrutements et appuis politiques grâce auxquels prospère actuellement Daesh, en leur prédisant des capacités de nuisance telles que celles auxquelles nous avons fait allusion. Comment ne pas faire allégeance au plus tôt à une force présentée comme une des premières du monde de demain.

Mais au service quels intérêts militaro-industriels Bloomberg se place-t-il, en encourageant possiblement par ses prédictions une montée en puissance de Daesh? Certains de ces intérêts n'en tireraient-ils pas des avantages substantiels?

12/01/2016
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