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Incendie à Dubaï. Un avertissement

Depuis longtemps, les économistes ayant un peu de bon sens dénonçaient le système permettant à des Etats du Golfe de dépenser des centaines de milliards en construction de grattes ciel n'ayant qu'un seul but, flatter la vanité des rois et autres émirs.

 

Le seul mérite de ces Etats est d'être assis sur des réserves énormes de pétrole et de gaz qu'ils ne sont même pas capables d'extraire et transformer eux-mêmes, laissant ce soin aux compagnies étrangères. Leur mérite n'est pas plus grand concernant la réalisation des prodiges de technologies déployés pour réaliser ces tours. Ils se bornent à passer des commandes à des myriades de sociétés « occidentales » qui y apportent le meilleur de leur savoir-faire. Ceci bien évidemment au détriment des grands travaux d'amélioration des mégapoles urbaines qui ailleurs dans le monde s'enfoncent dans la misère et dans l'inhumain

Il est difficile cependant de reprocher aux émirs ces folies des grandeurs, puisque c'est l'ensemble du système mondial reposant sur la consommation des énergies fossiles qui depuis des années leur a apporté la possibilité d'abandonner leur statut millénaire d'éleveurs de dromadaires et se transformer en nouveaux maîtres du monde devant lesquels les plus grands talents s'inclinent. C'est chacun d'entre nous, qui ferions n'importe quoi pour continuer à rouler en véhicules à pétrole, qu'il faudrait incriminer.

Un recul prévisible

Il n'est pas exclu cependant de penser que, devant la montée en puissance des énergies renouvelables (voir notre article « Les prix du pétrole vont-ils continuer à baisser  ? les émirs auront de plus en plus de mal à se payer de tels jouets criminels au regard de ce que sont les besoins des populations mais aussi les besoins de financement des recherches scientifiques fondamentales.


Burj Khalifa à Dubaï

 

Dans le même temps, certains urbanistes-sociologues émettent aujourd'hui l'hypothèse que la course au gratte-ciel le plus haut est en train, malgré les apparences, de s'épuiser. Une première raison en serait la perte grandissante de prestige de tels symboles phalliques chez ceux qui y réfléchissent un tant soit peu. Mais une seconde tiendrait à ce que la mise en chantier de grattes-ciel est généralement le symptôme d'une crise immobilière plus importante et "reflète une mauvaise affectation répandue du capital et l'imminence d'une correction économique" selon la Banque Barclays.

Peut-on alors ne pas s'inquiéter de l'incendie survenu dans un hôtel de Dubaï. Même si cette fois-ci il n'y eu pas de victimes, nécessairement ceux qui résident ou travaillent dans de telles tours ne pourront pas ne pas y penser à l'avenir. Quelles que soient l'excellence des techniques d'isolation, celles-ci pourront ne pas résister à des feux accidentels ou criminels. On peut en tous cas être certain que l'incident donnera des idées aux combattants suicides de par le monde. Beaucoup s'en réjouiront.

Voir

* Saudi Arabia's Kingdom Tower - The Pointless Hubris Of A Decadent Tyranny

* La folie de la course aux grattes-ciel et la crise que cela annonce

 

03/01/2016
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