Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Gaz russe, Ukraine, Europe

Le conflit actuel sur l'approvisionnement de l'Ukraine et de certains pays européens en gaz russe traduit ce que nous avons exprimé depuis longtemps, notamment dans « Pour une Agence européenne de l'Energie » L'Europe devrait prendre en mains d'une façon globale son avenir énergétique, en mutualisant les sources et en évitant de prêter le flanc à des possibilités de chantage.

Dans le domaine, encore trop important malheureusement, du rôle dévolu au pétrole et au gaz russe, il est évident qu'un certain  nombre de pays européens de l'Est sont aujourd'hui les victimes d'une politique diligentée par les Etats-Unis et relayées par des opinions trop facilement anti-russes. L'objectif illusoire est de compter sur l'Ukraine et la Géorgie pour court-circuiter les sources russes. Depuis maintenant des années, on dépense beaucoup d'argent et de temps pour construire des pipes et gazoducs évitant de passer par le territoire russe. Nécessairement pourtant, gaz et pétrole qui y entrent sont, directement ou indirectement, même lorsqu'il s'agit de l'Azerbaïdjan, sous contrôle russe. Il ne faut donc pas s'étonner qu'à la moindre difficulté entre Gazprom et l'un de ses clients frontaliers, aujourd'hui l'Ukraine, des mesures de rétorsion destinées à ne viser en principe que ces derniers  retentissent sur une partie de l'approvisionnement européen.  (Photo Kubceni, AFP, prise en Slovaquie)

Tout se passe en effet, et c'est de bonne guerre, comme si le Kremlin voulait rappeler que le temps n'est plus pour l'Europe de s'appuyer sur l'Ukraine ou la Géorgie, non plus que sur la diplomatie américaine en arrière-plan, afin de dissimuler le fait que c'est de puissance à puissance, nous voulons dire d'Europe à Russie, que ces questions devraient être résolues. Quand l'Europe délègue de facto à des agités irresponsables le rôle de représenter ses intérêts face au « géant » russe, elle se met immédiatement dans les mains de celui-ci car elle peut être certaine que ses mandataires, Ukraine et/ou Géorgie en l'espèce, feront tout ce qu'ils pourront, quitte à prendre froid aux pieds pendant quelques temps, afin de mettre de l'eau dans le gaz  commun (si vous nous permettez ces suites d'images simplistes).

Etant actuellement sans direction politique sérieuse, l'Union européenne tombe immédiatement dans le piège. La présidence tchèque et la Commission expriment leur « vive indignation » face aux mesures de blocage prises par les Russes. Elles sont risibles et déconsidèrent ce faisant la position de négociation que pourrait avoir l'Europe, si celle-ci s'exprimait plus globalement et avec davantage de perspectives stratégiques. Il serait temps que les autres Etats européens, plus prudents, reprennent la parole dans ce domaine. Mais répétons-le, ils ne seront entendus, y compris par les Russes, que s'ils réussissent  à s'unir sur des positions communes telles qu'évoquées dans notre article précité sur l'Agence européenne de l'Energie.
07/01/2009
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire