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Les prix du pétrole vont-ils continuer à baisser?

Avant d'essayer de répondre à cette question, il faut essayer de comprendre les causes de l'actuelle baisse. En 2013 le prix du « crude oil » était de $110 le baril. Il a baissé régulièrement depuis la mi-2014, jusqu'à atteindre aujourd'hui le prix de $36 le baril.
L'OPEC (Organization of Petroleum Exporting Countries ) avait décidé début décembre 2015 de conserver le niveau actuel de production en dépit de la baisse. Mais en fait les membres n'ont pas réussi à s'accorder sur cet objectif. La baisse du prix se poursuit régulièrement. Par ailleurs, la Chine, grosse consommatrice, réduit désormais beaucoup sa demande. Ceci entraine une baisse en provenance des nombreux pays liée à l'économie chinoise. La croissance européenne anémique ne prendra pas le relais. ,

Mais c'est la conférence de Paris sur le climat (COP21) qui a généralisé le pessimisme chez les pays producteurs. Les observateurs en ont conclu que le divorce des économies mondiales d'avec les carburants fossiles était en passe de devenir définitif. Même si cet objectif paraît encore lointain, l'impression prévaut désormais que l'ère du tout-pétrole est désormais amorcée.

Cependant les pays producteurs ne sont pas prêts pour autant  à réduire leurs productions pour permettre une remontée des prix. L'Arabie saoudite moins que les autres, car cette réduction la pénaliserait en premier, du fait qu'elle tire l'essentiel de ses revenus de la vente de produits pétroliers. Par ailleurs la production de gaz et pétrole de schistes américains baissera nécessairement à partir de la mi-2016. Cette production avait fortement contribué à la baisse des cours du baril ces derniers mois. Mais sa réduction sera sans effet sur l'offre car l'on attend désormais une production de plus en plus importante en provenance de l'Iran.

A côté des recommandations prodiguées par la COP21 à l'intention des pays utilisateurs s'ajoute le fait que les économies de ces pays deviennent de plus en plus efficaces dans l'objectif de diminuer ce que l'on appelle l'intensité énergétique, c'est-à-dire la quantité d'énergie correspondant à 1 unité de croissance économique. Cet indice a régulièrement décru depuis le début des années 2000, au niveau de 1 à 2% par an. Si une reprise économique se fait sentir, elle ne devrait pas entrainer de remonté de l'indice. Les hivers doux observés depuis 2 à 3 ans n'améliorent pas la demande de pétrole.

Selon les analystes du marché, il faudrait que le prix du baril tombe à $20 le baril pour que les pays producteurs se décident à produire davantage, en reprenant notamment les investissements de recherche. Ceux-ci sont actuellement presque partout arrêtés, car sans perspectives de rentabilité. Certes l'industrie des carburants fossiles a partout investi pour augmenter sa productivité afin de diminuer ses coûts de production. C'est notamment le cas des producteurs américains de gaz de schiste. Mais l'effet reste marginal.

Effets de la baisse des prix du pétrole sur le marché des énergies renouvelables

Celle-ci n'entraine pas immédiatement de résultats car les consommateurs de pétrole profitent de la diminution du prix des carburants fossiles pour consommer davantage. C'est le cas notamment des transports automobiles. De même toutes les industries qui utilisent du pétrole pour leurs productions, fertilisants ou autres produits chimiques.

Mais cette baisse ne devrait pas gêner les investissements des industries du renouvelable. Selon le think tank Bloomberg New Energy Finance, une demande accrue en nouveaux produits sans pétrole n'est que très peu liée au prix de celui-ci. Elle se développe selon sa logique propre. C'est le cas dans le secteur prévu en fort croissance des véhicules électriques. Les perspectives d'investissement dans les nombreux domaines appelée à faire appel aux énergies renouvelables, sans mentionner les baisses globale de consommation dues aux politiques d'économie d'énergie, promettent des lendemains peu chantants aux industriels du pétrole comme aux pays comme la Russie, le Vénézuela ou le Brésil qui en tirent encore l'essentiel de leurs revenus à l'exportation.

Il en résultera, ce dont se réjouiront les environnementalistes, que les méga-projets visant à généraliser l'exploitation des sables bitumineux au Canada, des réserves sous marines du Brésil ou de l'Arctique perdront beaucoup de leur attrait pour les investisseurs, qu'ils soient privés ou publics.De même, beaucoup de projets coûteux en matière de pipelines et gazoducs perdront à terme une partie de leur intérêt. 

Au contraire la mise en place d'importants fonds d'investissements ou de crédits au profit des énergies vertes, de quelque type qu'elles soient, entrainera une baisse continue de leurs coûts. Ce sera le cas de la Task Force for Climate-Related Financial Disclosure décidée à Paris par le Financial Stability Board (voir http://www.carbontracker.org/news/financial-stability-board-announces-task-force-on-climate-disclosures/ )

24/12/2015
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