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Que va faire l'Espagne après les élections? Nada.

Les élections parlementaires du 20/12/2015 ont conduit à l'apparition de 4 partis au lieu des 2 précédents. Le Parti Populaire PP, au pouvoir actuellement, avec 123 sièges sur 350, le Parti socialiste PSOE, jusqu'ici majoritaire dans l'opposition, avec 90 sièges, le parti Podemos conduit par Pablo Iglesias (69 sièges) et le parti dit de centre-droit Ciudadanos conduit par Albert Rivera (40 sièges) . Le parti communiste (IU) s'est effondré avec 2 sièges.
Aucun de ces partis n'aura à lui seul de majorité. Des alliances seront nécessaires, mais pour quoi faire.? PP et PSOE, qui se sont partagé le gouvernement depuis la chute de Franco, ne se sont pas jusqu'ici clairement différenciés, sauf sur des éléments de langage. L'un et l'autre ont accepté l'austérité imposée dans le cadre de l'Union européenne et de l'euro: économies dans les dépenses, notamment publiques, libéralisation de la réglementation du travail, accroissement des impôts et incapacité à contenir un chômage croissant. Il est certain que la crise mondiale installée depuis 2008 ne leur a pas facilité le travail: difficultés bancaires, chute de l'immobilier notamment touristique, émigration d'éléments productifs et immigration de personnes à faible compétences. Seule la production agricole, notamment de type méditerranéen, a bien résisté.

Aujourd'hui ces 2 partis, conservateur et socialiste, n'ont rien à proposer à l'Espagne qui soit différent de ce qu'ils ont fait jusqu'ici et de ce que font tous leurs homologues au sein de l'Union européenne, notamment le PS en France. Une éventuelle coalition PSOE-Podemos-IU formant un gouvernement minoritaire centré à gauche pourrait-elle faire mieux? La presse n'y croit pas, que ce soit El País, El Español, ABC ou El Mundo. Beaucoup anticipent le retour à de nouvelles élections. Mais si rien n'est changé dans les programmes, ces élections ne changeront pas le résultat d'ensemble.

Podemos

Beaucoup d'espoir avaient été mis dans Podemos, qui s'était présenté il y a quelques mois comme voulant véritablement renverser la table. Mais que peut-il faire face à une bourgeoisie dirigeante et des élites financières qui conserveront tous les leviers de commande. Elles n'accepteront jamais de prendre des distances avec l'Union européenne, dont elles tirent une partie de leur pouvoir d'influence. Elles seront également en sous-main soutenues par les dollars et l'influence politique exercée par les Etats-Unis et les intérêts atlantiques.

Ceux-ci feront tout pour que l'Espagne reste dans l'orbite américaine, que ce soit dans l'Otan ou en Amérique Latine. Un militaire de haut rang, le général Julio Rodríguez qui a conduit l'intervention espagnole catastrophique en Libye, derrière la France et l'Amérique, se serait dit favorable à Podemos, ce qui n'était pas sans raisons. Par ailleurs, l'hostilité de l'Eglise catholique, très influente en Espagne, est également garantie d'avance contre ceux qui voudraient gauchir Podemos en y recommandant d'éventuelles réformes en faveur d'un rôle plus grand des femmes ou pour la libéralisation des moeurs fortement demandée par une partie de la jeunesse urbaine.

Le parti Ciudadanos, en ce qui le concerne, a fait campagne pour un programme d'aile droite de type « populiste », réductions d'impôts au profit des plus favorisés, dérèglementation accrue du droit du travail, encouragement à des politiques publiques présentées comme autoritaires mais à contenu peu discernable. Dans cette voie, il n'est d'ailleurs pas allé aussi loin que le FN en France, ce qui ne lui a pas permis de recruter parmi ceux qui voudraient vraiment en Espagne sortir de l'UE et, pourquoi pas, se rapprocher de la Russie.

Los Indignados, comme Podemos dans ses débuts, avaient fait espérer en France, où de tels mouvements sont encore impensables, que quelque chose changerait en profondeur dans les orientations politiques de l'Espagne, dont les mécontentements européens pourraient s'inspirer. Aujourd'hui on ne voit plus rien de tel à l'horizon. L'Espagne restera, comme la Grèce de son côté, un facteur influent du non-changement frileux dans un monde en mouvement qui caractérise l'Europe dans son ensemble et la France en tout premier lieu.

21/12/2015
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