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Lueurs d'espoir en Libye

Après l'agression franco-américaine contre le gouvernement du « colonel » Moamar Kadhafi ayant entrainé sa chute et son assassinat en octobre 2011, le désordre le plus complet s'était installé en Libye.
Deux pseudo « pouvoirs » régionaux s'étaient installés, à l 'ouest et à l'est du pays, se livrant entre eux à des compétitions permanentes pour contrôler le territoire et surtout le commerce du pétrole dont la Libye est riche. D'innombrables factions armées avaient proliféré, s'efforçant de se donner le poids politique que leur avait jusqu'ici, et à juste titre, refusé Khadafi. Le désordre était devenu tel que ni les américains ni les français n'avaient vraiment réussi à implanter des entreprises dans le pays.

Phénomène bien plus grave: depuis août 2014, des groupes terroristes lourdement armés et obéissant à Daesh ont commencé à refluer vers la Libye afin de s'y installer. Elles fuient la reconquête de la Syrie entreprise par Bashar el Assad avec l'appui russe. Elles comptent en contrepartie se déployer sur un territoire immense, pratiquement incontrôlable par les moyens aériens dont disposent les Occidentaux ou les Russes.

Comme ces derniers non plus que les Etats arabes voisins n'ont l'intention ou la possibilité d'y déployer des forces, l'avenir paraissait sombre. Les premières victimes d'un terrorisme implanté en Libye seraient la Tunisie et les Etats sahariens. L'Europe à son tour verrait se multiplier les agressions par mer dont elle souffre déjà de la part de flux de migrants qu'elle se refuse encore à « accueillir » militairement.

La Chambre libyenne des Représentants

Cependant, un peu d'espoir de stabilisation semble apparaitre ces jours-ci. Un certain General National Congress (GNC) basé à Tripoli, dirigé par Awad Mohammed Abdul-Sadiq, s'est réuni en Tunisie pendant quelques jours en rassemblant des députés provenant de la Chambre libyenne des Représentants.

Abdul-Sadiq a appelé tous les Libyens à soutenir ce qu'il a nommé une opportunité historique pour reconstruire la Libye. Le GNC envisage de nommer un nouveau premier ministre et de réformer la constitution dans un sens plus « démocratique ». Abdul-Sadiq pense que la crise actuelle pourrait se résoudre dans un mois.

Auparavant des médiateurs proposés par l'ONU, le diplomate espagnol Bernardino Leon., suivi par l'allemand Martin Kobler n'avaient pas réussi à recueillir l'accord des représentants des deux gouvernement rivaux établis à Tobrouk et Tripoli. Cependant, devant le renforcement de la main-mise de Daesh, ayant notamment conquis la ville de Sirte, le gouvernement italien, en la personne notamment du ministre des affaires étrangère Paolo Gentiloni avait fait pression pour qu'aboutisse le compromis évoqué ci-dessus.

Il est difficile de pronostiquer ce qu'il adviendra de cet accord. L'Otan vient d'annoncer qu'elle était prête à soutenir militairement un gouvernement d'union nationale. Mais quand on sait que derrière l'Otan se trouvent les Etats-Unis, que ceux-ci n'ont pas renoncé à contrôler les ressources pétrolières et minières du pays, et que finalement chaque fois que l'Otan intervient en découlent des catastrophes, il est apparu aux parties en présence urgent de refuser son aide,

Le premier ministre italien Matteo Renzi à proposé d'organiser une conférence de paix le 13 décembre. Il a décliné l'assistance de l'Otan. La Libye, a-t-il dit, n'a pas besoin de nouveaux bombardements. Certes. Restera à voir comment un gouvernement à peu près légitime se débarassera des bandes armées qui continueront à ravager le pays. Pourra-t-il mobiliser des forces à son service au sein de la population?

Bref, affaire à suivre.

07/12/2015
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