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Otan la Guerre

Il y a peu de jours, François Hollande et Vladimir Poutine avaient à Moscou affiché leur complet accord pour lutter contre Daesh (EI) et, peut-on penser, contre toutes les forces et intérêts qui le soutiennent de par le monde. On avait donc commencé à espérer que la France cesserait de considérer la Russie comme un adversaire, mais au contraire la traiterait dorénavant en alliée.
Mais pour cela, il faudrait que la France se désolidarise complètement de l'Otan, retrouvant la volonté d'indépendance de De Gaulle à l'égard de l'Organisation et revenant sur la décision catastrophique de Nicolas Sarkozy pour qu'elle réintègre le commandement intégré de l'Otan.

Pourtant les propos récents du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu (lui-même membre actif de l'Organisation) et du Secrétaire général de celle-ci Jens Stoltenberg manifestent la volonté de continuer à encourager la politique des Etats-Unis, relayée par l'Otan, d'encercler la Russie. Revenant sur la destruction par l'aviation turque d'un chasseur-bombardier russe, ils ont réaffirmé le droit de la Turquie de se défendre. Pour défendre le territoire et l'espace aériens turcs qu'en aucun cas il ne viendrait à la Russie l'envie d'attaquer, Stoltenberg a annoncé le déploiement en Turquie de nouvelles forces de l'Otan. « La frontière Syro-turque est ainsi une frontière de l'Otan. Sa violation serait une agression directe contre l'Otan tout entier » a renchéri Ahmet Davutoglu.

La Turquie, il faut le rappeler, avait jusqu'à ces derniers temps défendu le principe d'une zone de non-survol de quelques kms de large et de quelques centaines de kms de long le long de cette frontière (voir carte, non-à jour sur certains points). L'objet essentiel était d'empêcher la coalition anti-Daesh menée par la Russie de détruire les flux de pétrole, d'hommes et d'armements y transitant et destinés à armer les groupes terroristes se revendiquant de Daesh. Et opérant jusqu'en Europe. Or la Russie, dans le cadre de son offensive militaire récente contre Daesh, a décidé de détruire le plus possible de ces flux, ce qu'elle fait d'ailleurs actuellement avec succès. Ceci l'amène à intervenir au plus près (mais en deçà de la frontière), ainsi que contre des forces turkmènes alliées de la Turquie et de Daesh qui attaquent les troupes de Bashar al Assad en Syrie même.

La zone de non-survol demandée par la Turquie aurait été une manifestation si éclatante de la collusion Ankara- Daesh que l'Otan lui-même avait refusé de soutenir cette revendication. Cependant l'Otan n'avait cessé de dénoncer les opérations aériennes russes dans cet espace au prétexte qu'elles pouvaient provoquer des incidents graves avec les appareils de l'Otan y intervenant. Le discours a été repris par Washington. C'était en fait conforter le rôle de la zone frontalière au service des intérêts de Daesh. Rappelons à cet égard que la famille de Erdogan est elle-même impliquée dans les trafics de pétrole alimentés par Daesh, dont elle tire semble-t-il des bénéfices considérables.

Le premier ministre turc a dénoncé les bombardements russes contre la ville syrienne de Idlib qui avait été conquise en 2015 par des forces se revendiquant de l'Armée Syrienne Libre proche de Daesh, et soutenues indirectement par l'Amérique. Selon des sources sérieuses, reprises le 30/12 par le Guardian, des forces spéciales américaines y ont d'ailleurs installé un centre de commandement.

Ces forces spéciales interviendraient directement au sol contre les Syriens, malgré les engagements répétés de Obama. Il est clair que les bombardements russes pourraient entrainer des pertes parmi ces forces spéciales. Il est donc nécessaire que l'Otan intervienne pour dénoncer les frappes russes, sans évidemment évoquer la présence de forces spéciales américaines, contraintes à la discrétion de par leur caractère « spécial ».

Les conférences de l'Otan du 30/11 et 01/125 ont donc pour but d'accentuer la pression contre la Russie. Celle-ci devrait être renforcée par l'annonce de l'entrée du Monténégro dans l'Organisation. Ce pays, résultant du démembrement de la Serbie, fait preuve en toutes occasions d'un activisme anti-russe remarquable.

A nouveau, que fait encore  la France dans une structure  hébergeant de tels fous furieux (soit dit en termes diplomatiques) qui manipulés par Washington, veulent mettre l'Europe toute entière au service de leurs fantasmes de guerre totale?

PS. Washington fait également pression pour que la Géorgie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine, sans compter l'Ukraine (dossier momentanément gelé) puissent entrer au plus vite dans l'Otan. Ces pays comportent un certain nombre de russophones et d'intérêts russes. La mesure n'est pas dirigée contre la Russie, a dit Douglas Hute, ambassadeur US auprès de l'Otan. Ah bon. Intéressant à savoir...

01/12/2015
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