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L'arsenal nucléaire russe est présenté comme dépassant celui des Etats-Unis

C'est en tous cas ce qu'annonce le développeur des systèmes de missiles stratégiques russes, le responsable du 'Moscow Institute of Thermal Technologies' Yuri Solomonov. Non sans justesse, il rappelle que, tant qu'il y aura des armes nucléaires puissantes, et convenablement réparties entre belligérants potentiels, un conflit nucléaire global ne se produira pas.
On peut cependant se demander si les Etats-Unis qui depuis les années 1950 cherchent à détruire l'Etat russe poour la principale raison qu'il a mis au point des armes nucléaires équivalentes aux leurs, les missiles 'Bulava',' Yars', 'Topol' et autres, ont bien adopté ce principe de sagesse.

Qu'en serait-il d'un pays comme la France, qui depuis Charles de Gaulle s'est doté d'un armement nucléaire respectable. Ce n'est pas en principe que la France veuille s'en servir en réplique possible à la Russie et aux Etats-Unis. Mais elle pourrait le cas échéant répondre à des gouvernements irresponsables qui décideraient de la menacer. On peut penser au Pakistan, plus tard sans doute à la Turquie et l'Arabie saoudite, qui se sont dotés ou voudraient se doter d'un tel arsenal, pour des usages pouvant de proche en proche détruire une partie de la planète. 1)

1) Un de nos correspondants, dont nous respectons ici l'anonymat, et à qui, prudemment, nous laissons la responsabilité de ses propos, nous écrit à cet égard:

« Ce serait peut être utile de contraindre la Turquie à un "moratoire" sur le nucléaire et / ou une sortie de l'Otan eu égard au danger qu'elle représente aujourdhui via son soutient militaro-financier à Daech ! La Turquie a signé des contrats (Areva-Mitsubishi...) pour le lancement de la construction de 8 réacteurs à eau pressurisée : 4 réacteurs VVER (centrale d'Akkuyu, début des travaux en 2015) et 4 réacteurs ATMEA (centrale de Sinop, début des travaux en 2017).

L'Arabie Saoudite n'a pas d'armes nucléaires, mais elle aurait financé 60% du programme nucléaire pakistanais en échange de la possibilité de se procurer des ogives nucléaires à court terme pour elle-même, avait affirmé le journal The Guardian en 2010. Les deux pays entretiennent d'excellentes relations. Ces dernières années, l'Arabie Saoudite a livré des milliards de dollars de pétrole bon marché au Pakistan. En retour, les Pakistanais ont officieusement accepté de vendre du matériel nucléaire au royaume, et notamment ses missiles mobiles balistiques Shaheen, qu'il est possible d'armer avec des têtes nucléaires.

En 2012, un responsable saoudien avait déjà fait allusion à un possible programme nucléaire de son pays: «La politique deviendrait totalement inacceptable si l'Iran était doté de la capacité nucléaire, et non notre royaume ». En outre, le mois dernier (avril 2015), le Prince Turki bin Faisal, qui a dirigé les services secrets saoudiens et qui a été ambassadeur au Royaume Uni et aux Etats-Unis, a déclaré sans ambages  : « Quoi que les Iraniens aient, nous l'auront aussi ».

Depuis 2007, les Saoudiens ont commencé à faire part avec une insistance croissante de leurs inquiétudes à l'égard de l'Iran et à menacer de se munir eux-mêmes de la bombe si les Iraniens réussissaient à la construire. L'année dernière, des responsables saoudiens à Riyad ont haussé le ton, pour la première fois en public, en déclarant à un journaliste du Times qu'il « serait complètement inacceptable de voir l'Iran avec une capacité nucléaire et pas le royaume ». Rappelons ici que l'Iran s'est solennellement engagée à ne pas produire de bombes. Mais peut-on lui faire confiance?

Du côté pakistanais (le Pakistan produit autant d'électricité d'origine nucléaire que la Slovénie en 2013 soit 5 x plus que l'Iran), un haut responsable a confirmé l'ampleur de l'entente entre les deux pays, et demandé : « Pourquoi pensions-nous que les Saoudiens nous donnaient tout cet argent ? Pas par charité. » Un ancien haut responsable du renseignement, lui aussi pakistanais, lui a confié qu'il croyait « que les Pakistanais ont certainement entretenu un certain nombre d'ogives sur la base et si les Saoudiens devaient à un moment donné les reclamer, elles leurs seraient immédiatement transférées ».
29/11/2015
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