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Alliance France-Russie

Deux jours après la tournée diplomatique conduite par François Hollande pour obtenir une alliance anti-Isis entres Obama, Poutine et la France, - sans mentionner quelques autres, les choses se sont clarifiées.
* Obama n'acceptera aucune coopération avec la Russie dans la lutte contre l'EI. Il fera donc son possible pour décourager la France de s'entendre avec la Russie. Sans attendre d'ailleurs il a promis de nouvelles aides militaires et en dollars aux « rebelles modérés » pénétrés d'islamistes, qui combattent directement Bashar al Assad et indirectement la Russie. Il soutient toujours de façon irresponsable Erdogan pourtant principal allié de l'EI.. L'objectif des Etats-Unis reste toujours, malgré son irréalisme, de chasser les Russes des bases de Tartous et de Lattaquie dont Bashar al Assad leur a concédé l'usage.

* Poutine pour sa part a dit à Hollande qu'il ne refuserait pas de participer à une coalition comprenant les Etats-Unis visant à éradiquer l'EI. Encore faudrait-il que des alliés proches de Washington , en premier lieu la Turquie, renoncent à des actes de guerre contre lui.

* Les autres pays européens visités par François Hollande ont promis une aide militaire homéopathique à la France dans sa lutte contre l'EI. Mais en aucun cas, ils n'envisageront de coopérer avec la Russie de quelque façon que ce soit. Leur implication au sein de l'Otan reste trop forte.

Perspectives concernant la politique intérieure

Les choses sont donc claires. Tout laisse penser ce soir à la veille de la COP21 que François Hollande, appuyé par le gouvernement français tout entier, ne se laissera pas décourager par les refus et menaces voilées provenant de Washington. Il approfondira de plus en plus la coopération avec la Russie sur divers plans, militaire, renseignement et aussi lutte contre le réchauffement climatique. Vladimir Poutine fera de même de son côté. La France pèse d'un poids modeste au rang des alliés de la Russie telle la Chine, mais elle a conservé suffisamment d'influence pour que cette nouvelle alliance avec Moscou succédant à des mois d'agressions provoquées par Washington, devienne un véritable « game changer » ou nouvelle donne non seulement au Moyen Orient mais en Eurasie.

Comment les «  élites françaises «  autrement dit les grands acteurs économiques et financiers qui déterminent la politique internationale de la France, réagiront-elles à ces perspectives? Une partie d'entre elles, ayant partie liée avec leurs homologues à Wall Street et Washington, s'opposeront directement ou indirectement à la nouvelle alliance franco-russe en train de se préciser. François Hollande le sait, mais sans doute pense-t-il qu'en vue des prochaines élections présidentielles, une majorité en sa faveur émergera qui sera plus intéressée par les promesses de cette alliance qu'un retour dans un atlantisme ayant épuisé ses charmes.

En effet, d'autres « élites françaises » de plus en plus nombreuses, perçoivent toutes les perspectives qu'offrira une participation de la France aux grands programmes soutenus par la Russie et la Chine. Les retombées économiques, géopolitiques et sociétales de ceux-ci semblent sans limites.1). Il serait désastreux que la France n'y tienne pas toute sa place.

Par ailleurs, comment réagiront les citoyens et électeurs français dans cette occurrence? Malheureusement, ils sont encore pénétrés d'un anti-poutinisme primaire lointain descendant de la guerre froide. Les médias « officiels » ne font rien pour les faire évoluer. Au contraire 2)

On peut penser cependant, y compris du fait d'une montée en puissance, à droite et à l'extrème-droite, de discours réalistes sur la nécessité de l'alliance stratégique franco-russe, que beaucoup de citoyens, fussent-il de gauche, rejoindront ce point de vue. Ce sera autant d'électeurs sur lesquels François Hollande pourra compter lors des prochaines présidentielles, si d'ici là il a su donner l'ampleur nécessaire aux perspectives offertes par cette alliance.

* Pour plus de détails concernant la conférence de presse commune donnée à la suite de la visite de François Hollande auprès de Vladimir Poutine le 26/11 à Moscou voir
http://en.kremlin.ru/events/president/transcripts/50792

Notes

  1. Voir sur ce point un article qui nous semble excellent de Pepe Escobar dans Counterpunch
    http://www.counterpunch.org/2015/11/27/will-chess-not-battleship-be-the-game-of-the-future-in-eurasia/

  2. Voir par exemple notre article « Le journal Libération et l'anti-poutinisme » http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1988&r_id=

28/11/2015
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