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Le journal Libération et l'anti-poutinisme

Courte réponse à la question d'un ami, reçue le 28/11.

Un ami nous écrit ce matin 28/11
http://www.liberation.fr/planete/2015/11/27/syrie-le-virage-de-laurent-fabius_1416760
C'est désespérant de lire une telle vindicte contre Poutine et Assad alors qu'on rend hommage aux victimes de l'EI. À croire que ce sont eux qui ont commis les attentats...

Que répondre? Ne reprenons pas l'analyse de fond que nous avons faite depuis longtemps sur ce site. Néanmoins un complément s'impose dans cette rubrique. Nous savions bien que Libération ne survit que grâce aux subventions du grand capital international aux ordres des Etats-Unis. Or que veut Washington? L'article de Libération en donne une nouvelle illustration.

Quand je lis dans l'article signalé: Le «maître chanteur» du Kremlin, pour reprendre l'expression de la biographe russo-américaine de Poutine, Masha Gessen, avait déjà gagné une bataille diplomatique. A présent, c'est le «boucher» de Damas, comme l'appelait en personne Laurent Fabius, qui vient d'en remporter une autre. il est clair que pour les Etats-Unis l'objectif final est la chute de Poutine et la destruction de l'état russe détenteur désormais de moyens militaires capables de faire jeu égal sur la plupart des théâtres avec l'US Army. Libération joue son petit jeu dans ce grand jeu. Malheureusement, beaucoup de ses lecteurs se voulant de gauche ne s'en rendent pas compte.

Ce matin sur France Inter, j'entendais Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, déplorer le « poutinisme » de la droite française,  en faisant appel au bon sens (évidemment anti-poutine) de la gauche. Or il n'y a pas de distorsion de la vérité plus flagrante. La droite n'est plus seule à réclamer la reprise de relations normales avec la Russie, mais des voix de plus en plus audibles dans la majorité. et à l'extrème gauche. La plupart des auditeurs de gauche ne s'en rendent pas compte. « Si c'est Joffrin qui le dit, alors il a raison. Hollande n'aurait pas du aller au Kremlin ».

Quant au retournement partiel de Fabius, dénoncé par l'article, il ne peut s'expliquer que parce que Israël commence à s'apercevoir que Assad, soutenu par la Russie et hébergeant des bases russes, est un voisin moins « dangereux » pour sa sécurité que ne le serait l'état islamique si Assad était renversé par des terroristes modérés.

Israël, plus réaliste, a compris cela bien avant le lobby juif américain AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), proche de Wall Street et des néo-conservateurs,  dont l'extrémisme anti-russe viscéral oublie qu'Israël doit désormais se trouver des alliés ailleurs qu'à Washington.

Fabius dans cette affaire est plus proche de Jérusalem que des Américains. Sa nouvelle proximité ne devrait surprendre personne, mais dans ce cas, ne nous en indignons pas (ou ne l'attribuons pas comme certains articles de Libération, à une fatigue psychique commençante). Elle joue dans le bon sens.


28/11/2015
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