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Erdogan et ses très mauvais choix

En détruisant le Sukhoi russe, ceci manifestement pour plaire à ce qu'il croyait être une injonction américaine destinée à nuire au rapprochement en cours entre la Russie et la France, Erdogan s'est conduit comme un imbécile. L'image de nouveau Sultan ottoman qu'il espérait incarner auprès de son électorat devrait être sévèrement écornée. En contre partie l'opposition turque, muselée depuis quelques mois, devrait reprendre de la vigueur.
Les Etats-Unis ont fini par le lâcher face à la Russie devant la prudence de réaction de Vladimir Poutine n'engageant pas contre Ankara de représailles militaires qui auraient servi de prétexte à un recours à l'article V de la Charte de l'Otan imposant aux membres de se prêter mutuellement assistance en cas d'attaque.

Mais dans le même temps il se trouve aujourd'hui devant la nécessité d'accepter les opérations russes en Syrie à la frontière turco-syrienne. Dès mercredi 25/11, les avions russes ont repris de façon accrue leurs bombardements contre les réseaux terroristes sous contrôle turc alimentant en hommes et matériels provenant de Turquie ceux la-mêmes que combat la coalition syro-irano-irako russe progressivement rejointe par le Hezbollah. Celle-ci est entrain de réussir son pari: créer un front uni chiite contre l'Etat islamique (EI) et en arrière plan contre la coalition hétéroclite des pétro-monarchies sunnites soutenues par des forces spéciales américaines, qui espéraient renforcer en aidant l'EI leur emprise déjà forte sur la région.

De plus, face à la nécessité urgente de compléter la présence sur le terrain de ce front anti-EI, les Russes, réticents au départ, admettent la nécessiter d'aider les Kurdes iraniens à lutter pour leur indépendance. Le Kurdistan turc pourrait un jour être tenté de les rejoindre...ce qui serait un échec majeur pour Erdogan.

Sanctions diverses

Dans l'immédiat, les sanctions économiques décidées par la Russie provoqueront des effets sensibles en Turquie, notamment au sein des intérêts économiques puissants qui espéraient bénéficier du projet de gazoduc russe dit Turkistream et de la coopération avec la Russie pour la construction d'une centrale nucléaire...sans mentionner les manques à gagner qui résulteront du retrait des touristes russes.

Dans le même temps, les « Occidentaux » eux-mêmes, sans mentionner la France tentée de prendre de plus en plus de recul vis-a-vis desdits occidentaux, découvrent les liens profonds unissant le terrorisme islamique et les services turcs, ceux que l'on pourrait qualifier d « Etat  profond » sur lequel s'appuie l'apprenti Sultan Erdogan.

Les renseignements qui commencent à émerger concernant la façon dont les hélicoptères russes ont pu sauver d'une mort certaine le second pilote du Sukhoi, en perdant un homme à cet occasion, montrent comme les Turcs ont appuyé les Turkmènes à leur service pour faire échouer ce sauvetage. Par ailleurs, ils montrent l'étroite coopération qui s'est réalisée à cette occasion entre les Russes et les militaires iraniens, sous le commandement du général Qassem Soleimani, commandant de la force d'élite Al Qods. Cette coopération ne pourra que se renforcer. Elle se traduira au sol par la destruction systématique des centres de commandement et de contrôle turcs ou au service des Turcs.

Ajoutons que Erdogan, qui depuis des semaines demande l'instauration d'une zone de non survol permettant à ses troupes d'attaquer Damas plus en profondeur, se voit renvoyer la monnaie de sa pièce. Ce seront désormais les anti-missiles russes très performants S-400 soutenue par toute l' « électronic warfare » adéquate, qui interdiront aux avions turcs de pénétrer cette zone.

Le sultan Erdogan sera-t-il obligé, si les choses suivent leur cours, de se réfugier dans son palais luxueux pour cacher sa honte? Il est vrai qu'il pourra se consoler avec le pourboire de 3 milliards d'euros promis par Angela Merkel et l'Union européenne pour lui demander de freiner l'invasion des migrants qu'il continue à infliger aux Européens.

27/11/2015
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