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La France doit dorénavant sortir de l'Union européenne

Ceux qui voulaient déstabiliser la France par un attentat islamique majeur ont fait une grande erreur stratégique. Loin d'être déstabilisée, la nation s'est retrouvée unie derrière les valeurs de la république: liberté, égalité, fraternité. Bien plus, la grande majorité des Français semble refuser désormais une appartenance à l'Union européenne (UE) qui malgré quelques bonnes paroles et gestes n'engageant à rien, laisse la France supporter seule le poids de la lutte contre cette pieuvre multiforme qui se fait appeler Etat Islamique (EI)
Ce n'est pas seulement l'UE que rejette cette majorité de Français, c'est l'Empire américain dont il apparaît désormais que l'UE a été dès sa création un instrument dont il se servirait pour faire de l'Europe un ensemble de colonies soumises à sa domination. La France qui a toujours été depuis Charles de Gaulle réticente à cette colonisation, et qui malgré beaucoup d'abandons y reste fondamentalement hostile, doit aujourd'hui être déstablisée, de façon à ce qu'elle rentre désormais sans esprit de retour dans le giron de l'Amérique et de son bras armée en Europe, l'Otan.

Sans tomber dans le conspirationnisme, certains des plus avertis de nos concitoyens se demandent d'ailleurs si ces attentats de novembre et la peur du terrorisme islamiste qui devrait s'ensuivre n'avaient pas été soit directement provoqués soit indirectement encouragés par des services secrets américains. La panique qui devait s'ensuivre aurait pu pousser le gouvernement français à demander la protection de l'Otan, comme l'avait suggéré quelques hautes personnalités américaines, relayées en France par ce qu'il faut bien nommer des collaborateurs, au sens utilisé sous l'Occupation nazie.

Or l'Otan n'a pas été mise en place par l'Amérique pour protéger l'Europe d'une prétendue menace russe. Elle était et demeure un instrument pour associer l'Europe à la lutte engagée dès la fin de la guerre par les Etats-Unis pour détruire la Russie. Celle-ci a eu le grand tort de s'être dotée d'armes conventionnelles et stratégiques seules au monde à pouvoir faire jeu égal avec les armées américaines. Détruire la Russie ne signifiait pas sans doute atomiser les centres nerveux russes, mais la priver d'un gouvernement capable de se défendre non seulement militairement mais diplomatiquement contre les multiples agressions de l'Empire.

Or ces dernières années, avec la résurrection de la Russie sous la direction de Vladimir Poutine, secondé par un gouvernement civil partageant totalement ses vues, il était devenu difficile de détruire la Russie pour la soumettre à Washington. Ceci d'autant plus qu'elle avait convaincu la Chine et d'autres pays importants de constituer avec elle une alliance stratégique connue sous le nom de Brics. Au plan militaire, les Brics ne représentent en rien une menace contre l'Amérique. Mais ils rassemblent une large partie de la planète décidée dorénavant à refuser la domination américaine. Ceci aux plans diplomatique, économique, financier et plus généralement géostratégique.

Un certain nombre d'Etats européens, dont la France, étaient de plus en plus tentés de refuser les interdits de coopération avec Moscou formulés par Washington et relayés par l'Union européenne. Il fallait donc d'urgence rejeter ces pays dans les bras des Etats-Unis. Les attentats terroristes récents, d'autres à venir, visent cet objectif.

Mais en France, comme disait la chanson révolutionnaire « le coup a manqué, vivent nos canonniers ». François Hollande, aussi réticent qu'il était initialement à se rapprocher de la Russie dans la lutte contre l'ennemi commun, l'EI, a fini par se laisser convaincre. Geste hautement symbolique, il a admis, comme le demandaient de plus en plus fort ses conseillers militaires, qu'il fallait au Moyen Orient organiser une coopération entre les forces aéro-navales des deux pays. Vladimir Poutine de son côté a su favoriser une coopération civile et militaire avec un pays qui pourtant, quelques mois auparavant, sous la pression américaine, avait refusé de lui livrer les deux porte-hélicoptères Mistral fabriqués à Saint Nazaire sur financement russe.

La France doit aller plus loin, retrouver  sa souveraineté.

Les attentats de novembre, suivis tout récemment par celui de Bamako, capitale du Mali allié de la France, devraient convaincre désormais que la France n'a plus le moindre intérêt à rester dans l'UE, tant que celle-ci restera le bras exécutif non seulement de Washington mais de Wall Street. La France porte seule en Europe le poids d'une lutte qui risque de devenir quotidienne. Les autres pays européens, dont la riche Allemagne, ont refusé la mise en commun des renseignements nécessaire à cette lutte. Aujourd'hui encore, ils ne mobiliseront pas un homme pour établir une force de défense commune qui ne soit pas soumise à l'Amérique, mais à la défense active de l'Europe

Il y a beaucoup plus grave. L'Union européenne, représentée par la troïka de la Banque centrale, du Conseil européen et du FMI, était à deux doigts de refuser à la France, au nom du Pacte dit de Stabilité, le droit de recruter les moyens militaires et de police dont elle a besoin pour renforcer des administrations décimées par le même Pacte de Stabilité. Plus grave, elle continue à refuser à la France de lancer avec ses propres ressources les programmes d'investissements scientifiques, technologiques et industriels lui permettant de rejoindre les pays, tels ceux du Brics précité, qui accomplissent un effort considérable en ce sens.

De tels investissements ne seront pas possibles sans un retour de souveraineté analogue à celui que la France tente d'organiser sur le plan militaire. Tout autant que ceux concernant les forces armées et de sécurité, ils permettront notamment de prévenir un éventuel terrorisme interne en redonnant du travail et de l'espoir aux millions de chômeurs dont souffre la France, notamment au sein de ses banlieues.

Plus généralement, la sécurité en France impose que celle-ci retrouve au plus vite le chemin de la croissance. Ce terme ne signifie pas nécessairement destruction de l'environnement, comme le prétendent ceux qui dans d'autres pays veulent se réserver le monopole de la science et de la technologie. Il pourrait signifier des investissements massifs dans le domaine des énergies vertes et du numérique, où la France pourrait exceller.

Au plan géopolitique, par ailleurs, un retour de souveraineté en France devrait se marquer dans le domaine de la politique étrangère. Celle-ci, notamment depuis les années 1970, a été marquée par une complète soumission à la politique étrangère des Etats-Unis, politique dont les choix se sont révélés désastreux, même pour le peuple américain lui-même.

Aujourd'hui, non seulement en matière militaire mais dans le domaine économique et politique, il est indispensable de se rapprocher de la Russie. Celle-ci y est prête, malgré les affronts que lui a fait subir notamment François Hollande en refusant d'assister aux cérémonies commémorant à Moscou la victoire de 1945.

Certes, la Russie pourrait se passer de la France, du fait des perspectives que lui offre désormais le Brics, notamment sur le plan monétaire, financiers et des grands programmes d'infrastructure. Mais les hautes compétences que la France a pu conserver permettraient une coopération accrue entre les deux pays, coopération dont l'Espace demeure aujourd'hui le symbole le plus visible. En fait une coopération stratégique avec la France permettrait d'amorcer une coopération plus vaste entre le Brics et les pays européens désireux de récupérer eux-aussi une indépendance vis à vis de l'UE et de l'Amérique. Les connaisseurs de ces questions parlent dorénavant de la constitution d'un ensemble dit euro-Brics.

Conclusion

Rien de tout ceci ne sera possible pour la France sans une sortie programmée de l'euro et de l'UE. Nous proposerons ultérieurement quelques modalités possibles. Mais cette sortie ne doit pas faire peur. D'une part, elle se fera progressivement . D'autre part, elle ne signifierait pas rupture de tous les liens entre la France et les autres Etats européens. Au contraire.

Ajoutons que de nombreux Etats-membres qui s'interrogent sur leur avenir au sein de l'UE rejoindraient très vite la France, si un grand Etat comme elle récupérait sa souveraineté. En aucun cas, souveraineté ne devrait signifier isolationnisme.

21/11/2015
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