Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Les bons conseils d'une Business School new-yorkaise aux européens.

Dans un article référencé ci-dessous et publié par Social Europe, un certain Nouriel Roubini, professeur d'économie à la Stern School of Business, New York University, se permet d'accuser les partis nationalistes émergents en Europe d'ouvrir la voie à des dictatures du type de celles ayant sévi dans l'entre-deux guerres.

Il s'inquiète du succès du Parti Loi et Justice en Pologne, qu'il présente comme le défenseur d'un capitalisme d'Etat non libéral, mené par des populistes autoritaires de droite. Il assimile en désordre à cette nouvelle Pologne la Russie de Vladimir Poutine, la Hongrie de Victor Orban et la Turquie de Tayyip Erdogan. Il envisage la possibilité qu'ils soient rejoints en France par Marine Le Pen. La Ligue du Nord de Matteo Salvii en Italie, l'UKIP de Nigel Farage au Royaume Uni.

Ces « populismes » naissent, il veut bien l'admettre, d'un malaise économique conduisant en Europe à une stagnation de longue durée. Mais selon lui les remèdes mis en oeuvre ou envisagés sont pire que le mal: contrôle étroit des médias, notamment la télévision – refus du libre échange, de l'immigration et des investissements étrangers – protection de la main d'oeuvre et des entreprises domestiques – encouragement donné à des entreprises publiques et à des groupes financiers liées à celles-ci. Des partis politiques ouvertement nationalistes et racistes se chargent de mettre en oeuvre de telle politiques, d'autres mouvements en Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Danemark, Autriche et Suède proposent les mêmes objectifs. Pour eux, finalement,  le modèle à suivre est le capitalisme d'Etat non libéral (illiberal) de Vladimir Poutine.

Tous rejoignent, il le reconnaît, les mouvements d'extrême gauche, Syrisa en Grèce, Podemos en Espagne, le Mouvement Cinq Etoiles en Italie. Il prévoit que, comme en Europe dans les années trente, ces partis de gauche révolutionnaires finiront pas se rallier à des partis autoritaires tels ceux de Hitler, Mussolini et Franco. Le refus de la pauvreté, de l'inégalité, de l'immigration conduisent, dit-il,  tous ces démagogues non libéraux à refuser la globalisation, la libre circulation des capitaux et des personnes, le recours aux technologies innovantes.

Il serait dans ces conditions, conseille Roubini, de plus en plus vital que les pays membres de l'Union Européenne et de l'eurozone, pour éviter la rupture de celles-ci, promeuvent des politiques économiques encourageant la consommation, la création d'emploi, la croissance, l'ouverture des frontières et finalement, plutôt que le rejet des réfugiés, acceptant une large ouverture à l'immigration.

Le Traité transatlantique de libre-échange (TTIP)

En regardant de plus près les conseils donnés aux Européens par ce professeur d'économie à New-York, il s'agirait d'accepter et d'appliquer sans discussion les politiques imposées dans une grande partie du monde par le capitalisme financier – ô combien libéral – de Wall Stree - politiques dont on ne voit pas de quelles façons jusqu'à présent elles ont encouragé l'emploi, la réduction des inégalités et la croissance.

Plus concrètement, il s'agirait d'accepter sans les discuter l'ensemble des clauses que Washington, en relais de Wall Street, espère faire rapidement approuver par la Commission européenne. Tous ceux qui s'opposent au démantèlement des réglementations nationales, du protectionnisme et des services publics sont rangés dans l'ignominie d'un national populisme susceptible de faire renaître en Europe, comme il le prévoit en conclusion de son article, 1984 de Georges Orwell et Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley...pourquoi pas les camps de la mort hitlériens?

Il y a tout lieu de penser que les lecteurs européens de cet article empli de bêtise et d'outrecuidance, si lecteurs il y a, s'empresseront quand ils le pourront de voter national-populisme afin de fuir l'Union européenne américanisée dont il se fait le défenseur. En attendant, longue vie et succès au Parti Loi et Justice en Pologne 1). Et longue vie et prospérité à la Russie de Vladimir Poutine.

* Voir Roubini:  Europe's Politics of Dystopia
http://www.socialeurope.eu/author/nouriel-roubini/


1) Il ne faut pas prendre au pied de la lettre notre éloge du nouveau gouvernement polonais. Il sera sur de nombreux points bien plus atlantiste que le précédent, notamment en terme d'importation de matériels militaires US, d'ouverture aux entreprises américaines ou au plan diplomatique, d'hostilité féroce à la Russie et à tout ce qui en provient.



30/10/2015
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire