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Obama plus que jamais engagé en soutien aux rebelles « modérés » combattant Bashar al Assad en Syrie

La presse occidentale a donné beaucoup d'écho à l'annonce faite par Obama le 9 octobre qu'il cesserait de financer des rebelles en Turquie afin que ceux-ci aillent ensuite se joindre en Syrie à ceux combattant directement Assad. Obama devient raisonnable, avait-on écrit. Il évite désormais le risque d'affrontements avec la Russie qui de son côté défend l'offensive menée contre Daesh par les forces loyalistes. Mais il n'y avait rien de tel.

Obama à simplement renoncé à donner des armes et des dollars à des militants qui, comme l'a montré la déclaration récente du général Lloyd Austin, chef du US Central Command, n'ont rien de plus pressé que rejoindre Daesh. Il a décidé par contre de « renforcer les liens » entre l'Amérique et les groupes sunnites apparentés à Al Qaida, qui combattent Bashar. Pour cela, sans attendre, il leur a fait envoyer armes et munitions. Il a décidé aussi de leur maintenir l'appui de frappes aériennes provenant de la coalition précédemment montée par l'Amérique, où la Turquie et l'Arabie Saoudite jouent un rôle important.

Washington et Moscou s'efforceraient aujourd'hui de coordonner les moyens déployés contre Daesh en Syrie. Fort bien. Mais ils poursuivent en même temps deux buts différents: abattre Bashar al Assad pour les Etats-Unis, assurer son renforcement par les Russes. On ne voit pas comment dans ces conditions des affrontements entre moyens aériens ne se produiraient pas, ne fut-ce que par erreur.

Obama subit actuellement des critiques de plus en plus virulentes des Républicains et de certains milieux militaires portant sur son « inaction » face aux Russes. Ceux-ci voudraient sans doute que l'Air Force s'en prennent directement aux avions et hélicoptères russes basés à Lattaqié, avec les conséquences effroyables que l'on devine. C'est ce qu'ont quasiment demandé conjointement l'ex-secrétaire à la défense Robert Gates et Condoleezza Rice l'ancienne conseillère à la Sécurité de George Bush,  dans un article intitulé « Counter Putin » (https://www.washingtonpost.com/opinions/how-to-counter-putin-in-syria/2015/10/08/128fade2-6c66-11e5-b31c-d80d62b53e28_story.html) . Les actions proposées ressemblent fort, pour qui lit entre les lignes, à une véritable déclaration de guerre.

La réponse d'Obama à ces injonctions est plus prudente. Néanmoins, le Pentagone vient d'indiquer, avec l'accord d'Obama, que l'US Army allait désormais, comme indiqué ci-dessus, entrainer des membres « modérées » des milices combattant Assad, et leur donner les moyens de coordonner leur action sur le terrain avec les frappes aériennes de la « coalition ». Ces " modérés" sont en fait rien moins que modérés, puisqu'il s'agit d'organisations terroristes comme le Front Al-Nusra et le groupe Ahrar al-Sham.

Jusqu'à présent, François Hollande et le ministre Le Drian ont tenu à conserver leur indépendance à l'égard des injonctions de la coalition. La dernière frappe de Rafales français à Raqqa s'en prenait directement à un centre d'entrainement de terroristes à Daesh, comme le font de leur coté les avions russes. Mais pendant combien de temps la France pourra-t-elle résister aux pressions américaines de plus en plus fortes lui enjoignant de « Counter Putin » ?



10/10/2015
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