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Qu'attendre de la rencontre Chine-Etats-Unis?

La visite du président chinois Xi Jinping auprès de son homologue américain Barack Obama s'est déroulé en grandes pompes, selon le terme consacré. Les 24 et 25 septembre à Washington, les deux leaders ont affiché une entente cordiale. Le point qui a retenu l'attention a été la réitération de lutter contre le réchauffement climatique avec une nouvelle détermination. Mais en fait, en dehors d'engagements théoriques, on ne voit pas comment les deux plus grands pollueurs de la planète pourront conjuguer en ce sens des intérêts et très différents.
Un autre sujet d'entente affiché a été la volonté réciproque de lutter contre l'espionnage électronique et autres formes de piratage. Là encore, on peut être certain que rien ne se passera. Washington ne réfrénera jamais les moyens considérables déployés par la NSA et la DIA pour espionner le monde entier, y compris la Chine. Pékin le sachant continuera de son côté à jouer les cartes dont il dispose.

Passons sur les déclarations de principe concernant les droits de l'homme et les différents territoriaux en mer de Chine. Les deux présidents se sont renvoyé la balle, chacun expliquant à l'autre qu'il n'avait pas de leçon à donner.

Lors d'une récente rencontre avec la conseillère pour la Sécurité nationale des Etats-Unis Suzanne Rice, le président chinois avait alors proposé un nouveau modèle de relations sino-américaines «sans conflit, sans confrontation, épris de respect mutuel et de coopération bilatérale». Obama ne tiendra pas un discours différent. Il reste que, dans l'esprit des membres du Congrès et de beaucoup de militaire, la Chine est désormais, après la Russie, considérée comme le plus grand danger pour les Etats-Unis. Le « pivot vers l'Asie » décidé précédemment par Obama n'a pas d'autre sens: contenir par tous moyens, y compris militaires, l'expansion supposée de la Chine dans le monde. Le fait que le nouveau porte-avions d'attaque américain «Ronald Reagan» soit chargé, à partir de la base navale de Yokosuka. de prendre la tête de la flotte américaine déployée dans l'espace maritime voisin de la Chine, est un message que chacun peut comprendre, en Asie et ailleurs.

De son côte la Chine n'a aucune intention de réduire les grands programmes d'investissement décidés, avec l'accord de la Russie, dans le cadre du Brics, tels la Nouvelle Route de la Soie et la Banque Asiatique des investissements en infrastructures. Dans le domaine économique bilatéral, malgré ses difficultés actuelles, la Chine n'a pas intérêt à permettre à l'Amérique de diminuer  son déficit commercial considérable actuel, par exemple en autorisant l'importation sans contraintes de produits américains. La balance commerciale de ces trois dernières années reste largement en faveur de la Chine, à plus de 300 milliards de dollars chaque année. Les autorités américaines attribuent ce déficit à des manipulations dans le taux de change de la monnaie chinoise, considéré comme artificiellement bas. Mais en fait il traduit un manque de compétitivité structurelle dont souffrent l'industrie et le commerce américain au regard de la Chine. Les déclarations réciproques de bonne volonté n'y changeront rien.

Rappelons également que la Chine se trouve en possession d'obligations du Trésor américain d'une valeur de 1 300 milliards de dollars. De plus, en accord avec Moscou, Pékin cherche à prendre ses distances avec le Fonds monétaire international (FMI) par accord sur l'internationalisation du Yuan, afin d'en faire une monnaie de réserve internationale.

Un des résultats positifs de la rencontre entre Xi et Obama sera un développement de la coopération dans le domaine de l'éducation, de la culture et de la simplification du régime des visas pour les citoyens des deux pays : on sait qu'il y a plus de 200 000 étudiants chinois aux Etats-Unis mais seulement 5 000 stagiaires américains en Chine.. Mais là aussi comment oublier la défiance américaine? Elle voit désormais les étudiants chinois comme des espions potentiels et ne veut pas envoyer ses propres étudiants en Chine de peur qu'ils ne se laissent corrompre. La réciproque est également vraie.

Ajoutons que ce jour la Turquie, grande alliée de l'Amérique, est dénoncée par la Chine comme formant une brigade de musulmans chinois ouïghours afin de l'engager en Syrie contre Bashar al Assad. La Chine y voit, non sans raison sans doute, un encouragement de l'Otan, via la Turquie, à porter par ces séparatistes chinois, le terrorisme musulman à ses frontières.


26/09/2015
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