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Intervenir au sol contre Daesh

Il est assez étonnant d'entendre en France certains responsables politiques demander avec beaucoup d'autorité une intervention militaire française au sol, en Syrie/Irak/Libye. Ceci pour en éradiquer les nombreux groupes de combattants se revendiquant du prétendu Etat islamique (Daesh) .
 Ils sont trop jeunes pour avoir faire la guerre dite d'Algérie, entre 1956 et 1962. Mais ils devraient savoir cependant que la France à l'époque, pour contenir l'insurrection du FLN, avait déployé plus de 400.000 hommes. De plus les katibas FLN étaient bien moins bien armées et approvisionnées que Daesh aujourd'hui.

Les hommes politiques précités, dont la plupart sont membres du parti les Républicains, devraient par contre prendre conseil des militaires connaissant bien la question. Selon ceux-ci, rejoignant nos propres conclusions, il faudrait une très lourde et longue intervention terrestre avec un  appui aérien au sol musclé ( comportant notamment des drones et des hélicoptères armés ), pour vaincre Daesh. Les effectifs et les moyens nécessaires pour une telle opération devraient être  très importants, plusieurs centaines de milliers d'hommes , avec artillerie,  chars de bataille et missiles sophistiqués.

Par ailleurs, comme l'ont montré les enlisements successifs des opérations américaines en Afghanistan et en Irak, les effets pervers sur le moyen et long terme d'une telle intervention sont nombreux et imprévisibles, compte tenu des mentalités, des aspects religieux et de la motivation des combattants de Daesh et de la population non combattante, prise en otage des combats.

On pourrait évidemment imaginer que les pays européens menacés par le terrorisme fomenté par Daesh mobilisent des moyens militaires en accompagnement de ceux déployés par la France. Mais d'une part, le concept de défense européenne étant resté lettre morte, nos voisins n'ont pas l'intention de projeter dans une zone aussi étendue que l'Europe, les maigres contingents dont ils disposent en dehors de l'Otan. Comme par ailleurs, qui dit Otan dit aussi Etats-Unis et Turquie. Or il est difficile de savoir si ces deux pays qui ont contribué à créer Daesh, ont vraiment l'intention de lutter sur le terrain contre lui. Pour le moment, la réponse américaine est clairement négative. Les résultats plus qu' incertains de la coalition montée contre Daesh par Barack Obama, il y a quelques mois, peuvent faire douter que Washington change d'avis 1) .

La Russie

Resterait un espoir, bien ténu malheureusement. Celui que les pays du Moyen-Orient que l'Europe et les Etats-Unis ont armés depuis des décennies pour le plus grand profit de leur industrie de défense, fassent preuve de courage et mettent sur pied une coalition militaire structurée pour mener une opération terrestre à la mesure du défi. Mais, à l'exception de l'Egypte, dont il faut louer le courage, tous ces Etats dits du Golfe sont trop préoccupées de protéger les multiples trafics, notamment pétroliers, dont ils bénéficient dans l'état de guerre actuelle. Par ailleurs, le courage militaire n'étant pas leur fort, ils se limitent eux aussi aux frappes aériennes. Celles-ci d'ailleurs sont principalement dirigées contre les Houthis et indirectement contre l'Iran.

Ajoutons que, si le président de la République française décidait d'envoyer en Syrie quelques milliers d'hommes prélevés sur d'autres théâtres, il faudrait qu'il clarifie sa position à l'égard de Bashar al Assad. Certains membres du gouvernement continuent à affirmer que Bashar doit partir. Ils s'opposent ainsi directement à la Russie et sans doute aussi à Israël. Vladimir Poutine vient de proposer de monter une coalition internationale de tous ceux qui combattent Daesh, comprenant Bashar. La France, que nous sachions, non plus d'ailleurs que les Etats-Unis, n'ont soutenu cette proposition.

Or, si la France voulait vraiment intervenir au sol contre Daesh, ce serait seulement dans le cadre d'une coalition telle que proposée par Vladimir Poutine et intégrant la Russie, qu'elle devrait le faire. 2)

Notes

1) Certains observateurs se demandent à cet égard pourquoi l'armée américaine dotée d'énormes moyens d'observation et d'analyse, ne détruit pas les convois de véhicules tous terrains qui transportent en toute visibilité et en toute impunité des combattants de Daesh. Elle se limite à des frappes ciblées contre certains chefs djihadistes, qui à peine éliminés, sont remplacés par d'autres. C'est peut-être la raison pour laquelle la France veut faire confiance en priorité à ses propres observations.

2) Sur les propositions russes, voir RT en français 'Le plan de Poutine contre Daesh : coaliser tous ceux qui luttent au sol contre les terroristes" http://francais.rt.com/international/5248-lavrov-plan-lutter-daesh



17/09/2015
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