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Thalys. L'hypocrisie de Barack Obama

Le 24 août François Hollande a félicité, non sans raisons, les 3 permissionnaires américains ayant contribué, après d'autres, à désarmer le terroriste islamiste du Thalys. Il les a décorés, en présence de l'ambassadrice des Etats-Unis. Très bien.
Beaucoup moins bien cependant est le fait qu'il se soit félicité de l'intérêt manifesté par Barack Obama à cette affaire. Beaucoup moins bien, dans le même sens, est le fait qu'il ait vanté à cette occasion l'indéfectibilité de l « alliance américano-française dans cette lutte du Bien contre le Mal ». Il ne pouvait pas cependant ignorer, si du moins les services de renseignements français servent à quelque chose, que voici quelquesmois le général américain Flynn, qui venait de prendre sa retraite en tant que chef de la DIA (Defense Information Agency) dont le métier est de tout savoir de ce qui se passe dans le monde concernant la sécurité des Etats-Unis, avait confié à la presse qu'il avait mis en garde, personnellement et à plusieurs reprises, l'Administration (Barack Obama) du risque immense qu'elle prenait en assurant le renforcement de la pseudo Armée Syrienne Libre, en lutte contre Bashar al Assad, par des contingents et de moyens provenant de tous les groupes islamistes terroristes de la région.

Le général Flynn, dont on ne peut que saluer la clairvoyance, avait averti Barack Obama du fait que la DIA et la communauté du renseignement américain considéraient que cette implication anti-Assad mettrait en place un puissant Etat islamique (devenu Daesh) qui répandrait ensuite le terrorisme et la guerre au Moyen Orient et en Europe. Or Obama n'avait tenu aucun compte de ces avertissements, si grand était son désir, sans envoyer de troupes lui-même, de contribuer par Daesh interposé à la Chute de Bashar al Assad. Le tort principal de celui-ci à ses yeux était d'être un allié de la Russie, de l'Iran, et d'être considéré par Israël comme présentant (on ne sait pourquoi) un risque existentiel.

Autrement dit, aujourd'hui, Obama ne peut ignorer que le tueur (pardon, le présumé tueur) du Thalys était, directement ou indirectement, une créature de Daesh, c'est à dire, directement ou indirectement, le produit de sa politique irresponsable au Moyen-Orient, politique dont la communauté du renseignement américain, et le courageux général Flynn lui-même, n'avait pourtant pas manqué de lui faire valoir les risques. Certes, on ne pouvait espérer, compte tenu des contraintes du langage diplomatique, que François Hollande aurait rappelé ceci à l'occasion de la remise de la légion d'honneur aux militaires américains. Il aurait pu au moins mettre quelques réserves dans son lyrisme à célébrer l'indéfectible alliance américano-française.

Références

* Sur les déclarations du général Flynn, voyez le résumé de ses propos dans rt.com: « L'ancien chef de la DIA accuse Washington d'avoir fermé les yeux sur la naissance de Daesh »

http://francais.rt.com/international/5482-dia-washington-naissance-daesh

* Voyez aussi l'un des commentaires pertinents de Dedefensa.org, seul représentant autant que l'on sache des médias français à en avoir fait mention. http://www.dedefensa.org/article-daesh-d_sordre_et_le_g_n_ral_flynn_en_vedette_am_ricaine_12_08_2015.html

*Voyez aussi, sur le silence de la presse, du même Dedefensa.org
http://www.dedefensa.org/article-dedefensaorg_et_leur_silence_24_08_2015.html


25/08/2015
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