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La guerre anti-Poutine menée en Russie même par l'Amérique

Par Amérique, entendons pour faire simple la structure de pouvoir américain associant la Finance, (Wall Street), Washington (on parle désormais d'Etat profond) et les lobbies militaro-industriels. On peut associer à l'Amérique ainsi définie tout ce que l'on mentionne généralement par le terme de Système. Or de par le monde une mosaïque de plus en plus étendue d'intérêts se revendiquant comme anti-Système annoncent régulièrement la fin prochaine du Système, et donc la fin de la domination américaine. Ils affirment littéralement que le Système va vers une mort inéluctable, avec l'argument un peu sommaire que « le Système » ne peut qu'être détruit.
L'analyse paraît légère. Partout dans le monde, le Système, au delà de difficultés passagères, enregistre des succès et donc des avancées. On peut donc se demander si ceux qui annoncent la mort du Système ne font pas inconsciemment (ou peut-être consciemment, car certains rémunérés pour cela) le jeu du Système. Si l'on affirme que le Système ne peut qu'être détruit, l'affirmation prise au pied de la lettre laisse à penser qu'aucune action spécifique n'est requise. Il n'a qu'a attendre passivement la chute de la pomme du pommier. De plus, si l'on ne veut pas attendre passivement, il faut proposer quelque chose à mettre à la place. Or les anti-Système ne proposent rien de concret, ou bien des solutions aussi contradictoires que peu réalistes.

Un exemple des succès grandissants du Système américain est fourni par les actions menées « pacifiquement » pour renverser Vladimir Poutine et, dans la suite, démembrer la Fédération de Russie en tant qu'Etat. Plusieurs grands stratèges américains avaient affirmé la nécessité de cet objectif, mais l'on pouvait penser que, vu la supposée solidité de l'Etat russe et le large soutien donné par la population à Vladimir Poutine, ceci restait du domaine du discours. Or à en croire le site alternatif Arrêtsurinfo http://arretsurinfo.ch/video-negociations-pour-eliminer-poutine/ (sous titres en français du Comité Valmy) l'opération, ressemblant à la mise au point d'une nouvelle révolution de couleur, mais d'une toute autre ampleur que celle de Maidan, serait en train de réussir. De plus, avec la chute de Poutine, serait très fragilisée la construction du BRICS, la bête noire de Washington. (article original en anglais http://fortruss.blogspot.fr/2015/07/negotiations-to-remove-putin-underway.html

Eugène Fedorov est député à la Douma de l'État et coordinateur du Mouvement de Libération Nationale pour la restauration de la souveraineté en Russie, ayant conservé semble-t-il des liens avec des survivants du parti communiste .russe. Il expose ici les mécanismes américains permettant de faire pression sur les hommes d'affaires et les hommes d'État en Russie. Il se borne pas à cela. Il reprend des propositions qui permettraient à des Etats nationaux souverains, indépendants des diverses troïkas (Banque mondiale, Fonds monétaire international, ONU, Union européenne) de réaliser une industrialisation rapide et une croissance contrôlée, grâce à des taux d'intérêt faibles et une extension des crédits d'investissement. Ceci avec le soutien d'un électorat échappant aux discours des médias américanisés, et décidé de s'engager dans une lutte pour une autodétermination et une souveraineté nationale. C'est ce qu'a proposé Yannis Varoufakis et des collègues dans un petit livre que nous avons commenté récemment: A modest proposal pour resolving the european crisis . Voir http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1873&r_id=

Concernant la description effrayante que fait Eugène Fédorov concernant la prise en mains des Américains sur les financiers, économistes, hommes politiques et média russes, on pourrait penser qu'il exagère, afin de se donner un meilleur soutien électoral. Ceci lui sera objecté. Il reste que les évènements récents peuvent laisser penser que Vladimir Poutine est anormalement prudent, sinon timoré, dans l'approche que sous sa présidence le Kremlin adopte face aux conflits mondiaux, notamment quand il s'agit de s'opposer aux positions suprématistes américaines. Beaucoup d'éléments pourraient laisser penser que, quoiqu'en disent les sondages qui continuent à lui reconnaître une forte popularité, il ne se sent plus assez fort politiquement pour réagir. Si les financiers, économistes, hommes politiques et média russes sont suffisamment gagnés à la cause américaine, sous l'influence notamment du Département d'Etat, de l'ambassade à Moscou et des différentes ONG manipulées et corrompus par la CIA, il peut craindre que sa voix ne soit étouffée et que les quelques ordres qu'il voudrait donner ne soient pas exécutés.

En ce cas, ceux qui pensent encore qu'un « autre monde est possible », qui s'imaginent que le Système est partout tenu en échec, auraient de quoi s'inquiéter.

24/08/2015
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