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Démission d'Alexis Tsipras

Cette démission était attendue, mais il semble qu'elle se soit produite plus tôt que prévue. Alexis Tsipras a eu une formule ambiguë en annonçant la nouvelle « Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites »
Estime-t-il que le compromis imposé à la Grèce par la troïka correspond au mandat qu'il avait reçu? Mais en ce cas, pourquoi démissionne-t-il maintenant, alors qu'il faut dorénavant l'appliquer? Estime-t-il au contraire qu'il a du accepter ce compromis contraint et forcé, et que son mandat ne lui impose pas d'aller plus loin, c'est-à-dire de boire la coupe jusqu'à la lie?  On pourrait pencher pour la seconde supposition.

Ceci dit, il prend une position que l'on ne manquera pas de considérer comme peu courageuse. Peu courageuse pour la majorité qui sortira des prochaines élections comme pour le chef du gouvernement qui s'en suivra. L'une et l'autre seront censés devoir appliquer des mesures difficiles, suscitant l'hostilité générale et dont il est à peu près certain qu'elles n'aboutiront à rien de concret, au regard des exigences formulées par la troïka. Ce sera pour eux un suicide politique. Ni Syrisa ni la droite parlementaire ne se précipiteront pour prendre de telles responsabilités.

Peu courageuses également à l'égard des électeurs. Il leur avait à son arrivée au gouvernement promis une sortie de crise à qui tout le monde avait cru. Il les abandonne désormais au sein d'une crise encore plus grande que la première. Il aurait pu prendre dès son arrivée des mesures radicales comme la sortie de l'euro. La Grèce aurait pu les réussir à l'époque, parce qu'elle en avait encore les moyens. Aujourd'hui cette solution est pratiquement impossible.

Mais Tsipras n'a peut être pas dit son dernier mot. Peut-être, lorsque dans quelques semaines ou mois, la Grèce s'enfoncera dans le désordre le plus complet, face auquel la troïka sera elle même dépourvue de solutions, refera-t-il surface avec des propositions telles que son ami Yanis Varoufakis les a formulées dans le petit livre que nous avons mentionné dans un article précédent: A modest proposal pour resolving the european crisis.

Comme dans l'intervalle d'autres pays européens se seront eux-mêmes enfoncés dans une crise semblable à celle de la Grèce, ces propositions seront peut-être reprises à leur compte par des majorités d'Européens ayant compris qu'il faut dorénavant changer d'Europe ou périr. Alors Tsipras et Varoufakis pourraient-ils considérer qu'un nouveau mandat les attend: à partir de la petite Grèce, commencer à refaire de l'Europe, avec d'autres audacieux comme eux, ce qu'elle n'aurait du jamais cessé d'être, une puissance capable d'investir, d'harmoniser les différences sociétales et de se proposer en exemple au reste du monde. Il n'est pas interdit de rêver.



20/08/2015
Vos réactions
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Nombre de réaction(s) : 1
Pourquoi Varoufakis a démissionné.
21/08/2015 10:24:07 | Par : Francois V
Je suis moins optimiste que vous. La seule raison de cette démission est de pouvoir provoquer de nouvelles élections le 20 septembre, les deuxièmes en moins d'un an, ce qui n'est possible selon leur constitution qu'après deux démissions de gouvernements, car il n'a plus actuellement de majorité avec son propre parti. Un nouveau gouvernement va voir le jour la semaine prochaine avec le premier parti de l'opposition, qui va lui aussi démissionner. Puis les élections du 20 septembre vont dégager une nouvelle majorité d'"union nationale", qui n'aura aucun scrupule à appliquer le mémorandum no 3, peut-être à nouveau sous la direction de Tsipras.
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