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Syrie. Le Conseil de Sécurité se décide à intervenir

Depuis des mois, la Syrie voit s'affronter les forces dites régulières sous le contrôle de Bashar al Assad et différents groupes d'opposition armée (dite modérée) dont le Front Al Nusrah, de plus en pénétrés par Al Qaida au Levant, Daesh et les trafiquants en pétrole, drogue et armes. Soutenus aussi d'une façon trouble par divers Etats frontaliers notamment la Turquie, ainsi que par les Etats-Unis . Historiquement, la Russie s'était déclarée opposée à toute intervention, militaire ou diplomatique, visant le départ de Bashar, qu'elle considère encore en principe comme un allié.

Or une pression internationale de plus en plus forte, non sans arrière-pensées évidemment, s'élevait en faveur de la fin des conflits en Syrie. Mais comment? Les influences extérieures qui déchirent le pays allaient-elles disparaître subitement? Et qui allait continuer à mener la « lutte contre le terrorisme » toujours affichée comme une priorité?

Un accord, auquel s'associait la Russie s'était esquissé début août. Comme nous l'avions rapporté dans l'article « Valse à quatre au Moyen Orient » http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1862&r_id= Moscou avait proposé à l'Arabie saoudite de se joindre à une large coalition internationale visant à ramener la paix en Syrie et mettre en place un régime de transition. Mais la condition mise, semblait-il, était que Bashar al Assad participe à ces négociations. Les Etats-Unis n'ont pas tardé à refuser cette proposition.

Quoiqu'il en soit, notamment après le bombardement syrien sur un marché de Douma qui aurait fait une centaine de morts civils, les membres du Conseil de Sécurité de l'ONU, incluant la Russie, ont décidé qu'il était temps d'intervenir. Le Conseil a soutenu lundi 17 un « plan pour la paix en Syrie » qui a été adopté pour la première fois en deux ans par la Russie et les 14 autres membres (malgré certaines réserves formulées par le Vénézuéla.
 
Ce texte appelle à une transition politique en Syrie. Celle-ci comprendra «  l'établissement d'un corps dirigeant de transition inclusif avec les pleins pouvoirs, qui devrait être formé sur la base d'un consentement mutuel tout en assurant la continuité (du fonctionnement) des institutions gouvernementales". Il prévoit la mise en place de quatre groupes de travail sur la sécurité et la protection, le contre-terrorisme, les questions politiques et légales ainsi que la reconstruction. Ils commenceront en septembre.

Le plan ne lève en aucun cas les ambiguïtés concernant le sort de Bashar al Assad. Que signifie le terme de « transition inclusive » ? Que sera par la suite la position russe à l'égard du président Syrien? Celui-ci participera-t-il effectivement aux négociations, organisant ainsi inévitablement les conditions de son départ? De quelle façon l'Iran, directement intéressée, se positionnera-t-elle dans les négociations? On a noté qu'à Moscou, lors d'une rencontre avec son homologue iranien, Javad Zarif, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a jugé "inacceptable" de poser le départ de Bachar al-Assad comme condition préalable à une solution politique du conflit.

Nous suivrons avec intérêt, pour parler en termes diplomatiques, la mise en oeuvre effective de cette résolution – si mise en oeuvre il y a.

18/08/2015
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Nombre de réaction(s) : 1
Que cherche la Russie
20/08/2015 08:59:29 | Par : JP Baquiast
Le 20/08, il est de plus en plus légitime de ce demander ce que va faire la Russie dans cette affaire. Son "Etat profond" va-t-il se joindre à celui des USA et accessoirement de la Turquie et de certains pays européens pour détruire Bashar et instaurer encore plus profondément l'Etat islamique (daesh) dans la région. La Russie va-t-elle au contraire se laisser piégée? Ce serait étonnant, mais..
Voir sur ce point un article très éclairant de Maxime Chaix, déjà connu sur notre site " La bannière étolée derrière le drapeau noir "
http://www.dedefensa.org/article-la_banni_re_toil_e_derri_re_le_drapeau_noir_20_08_2015.html
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