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Le naufrage grec

Le parlement grec doit voter à partir du 13 août pour adopter le 3e Plan de sauvetage imposé par la troïka, devenue quadrige avec l'ajout du Mécanisme européen de stabilité (MES). On verra si Alexis Tsipras retrouve une majorité, avec ou sans Syrisa, pour accepter un document auquel les experts eux-mêmes ne comprennent plus rien, les lignes directrices se perdant dans les détails. Ce que par contre les parlementaires comprennent, tout autant que les citoyens, est la profondeur du désastre dans lequel s'enfonce la Grèce.
Même les moins clairvoyants prennent progressivement la mesure du désastre sur l'économie grecque, provoqué par l'Union européenne et la BCE, lorsqu'elles ont imposé en juin la fermeture des banques et le contrôle des capitaux. La Grèce est désormais coupée de tout le système monétaire européen , de tout système monétaire international, privée d'une partie du système de paiement. Elle vit en autarcie monétaire, déconnectée de tout.

Les entreprises ne peuvent ni importer ni exporter, sauf à passer par des systèmes parallèles. À l'exception du tourisme, l'activité s'est effondrée. De plus en plus de salariés travaillent à mi-temps, voire au quart de temps et souvent ne sont plus payés depuis des mois. Les biens de première nécessité comme les médicaments sont rationnés. Les mauvaises créances s'accumulent dans les bilans bancaires, au fur et à mesure que les faillites s'accélèrent. Une économie parallèle de survie se met en place, analogue à celle qu'avait connue l'Europe pendant la 2e guerre mondiale. Les revenus permis par le maintien d'une activité touristique qui ne durera que le temps de la belle saison prennent directement le chemin de cette économie parallèle.

Le plan de sauvetage prévoit que la Grèce devra continuer à libéraliser ou privatiser des activités essentielles de service public. Mais dans ces conditions, faute d'acquéreurs sérieux, il faudra accepter un bradage généralisé, autrement dit un pillage au profit des fonds vautours impatients de se partager à vil prix ce qui faisait jusque là la fortune de la Grèce. Il serait étonnant que les Parlements des Etats européens, face à cet écroulement dont ils sont nécessairement informés, votent les programmes d'aide à la Grèce prévu par le Plan de sauvetage, sachant qu'ils sont parfaitement irréalistes.

On peut s'interroger sur ce que Tsipras au fond de lui pense de cette situation, qu'il connait mieux que personne. Espère-t-il un effondrement définitif de la Grèce, qui pourrait rétroactivement donner raison à ses préconisations initiales, refusées alors d'une seule voix par la Troïka et l'Allemagne du couple Merkel - Schäuble. Bien plus, regrette-t-il, alors que la Grèce disposait encore de tous les atouts pour sortir sans dommages de l'euro, sinon de l'Union européenne, de n'avoir pas osé ce geste sauveur. S'il l'avait fait, il serait aujourd'hui un héros national, au lieu d'être un médiocre gestionnaire de naufrage.



12/08/2015
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