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Valse à quatre au Moyen-Orient ?

Le régime de Bashar- al-Assad a subi depuis quelques semaines une série de revers militaires de la part des insurgés, pouvant aller jusqu'à faire penser qu'il ne pourra pas conserver Damas ni plus généralement le fief des Alaouites dans lesquels se sont réfugiées de nombreuses tribus fuyant la montée en puissance de Daesh et de sa dictature islamiste. Parmi ces tribus de nombreux « chrétiens d'Orient ».
 Chrétiens ou pas, certains milieux gouvernementaux français s'en réjouissent, pour qui la chute de Bashar al Assad constitue encore un enjeu quasi affectif. On se demande bien pourquoi, sinon pour satisfaire Benyamin Netanyahou toujours obsédé par le risque que continuerait à représenter Damas pour l'Etat d'Israël. Il paraît évident pourtant que si Bashar tombait, il serait immédiatement remplacé par un clone de Daesh qui donnerait au prétendu Etat islamique un poids considérable dans toute la région, mettant Israël en grand danger, malgré son armement nucléaire. .

Cependant, alors que la Russie a longtemps défendu l'idée de maintenir Bashar al-Assad au pouvoir, des représentants américains affirment que leurs homologues russes sont désormais plus ouverts à la discussion concernant le remplacement du président syrien. Moscou s'inquiéterait de la position précaire dans laquelle se trouve le régime et de la montée de groupes extrémistes dans la région. L'argument américain semble étrange, comme si Moscou n'était pas le premier à défendre Bashar pour ne pas laisser un vide qui serait aussitôt comblé par Daesh.

Des responsables russes et iraniens confient au contraire à la presse que l'Arabie Saoudite et même la Turquie “se rendent compte que la lutte contre le terrorisme est plus importante que le départ d'Assad”. Le quotidien en ligne russe proche du Kremlin Vzgliad affirme que Moscou a l'intention de convaincre l'Arabie Saoudite de l'urgence de créer une large coalition contre l'Etat islamique. Option qui serait selon les diplomates russes, optimale pour le régime d'Assad comme pour la Turquie et les Saoudiens.

“La proposition du président de la Russie a suscité l'intérêt de tous. Il s'agit de créer une coalition de toutes les forces qui combattent déjà sur le terrain et pour lesquelles l'EI est inacceptable”, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov la veille de la visite à Moscou, le 11 août, de son homologue saoudien Adel Al-Jubeir.

Un appui du Conseil de Sécurité?

L'élément central du plan russe, selon le quotidien, est l'intégration de Bashar El-Assad au sein de la coalition. L'accord de Damas, quasi certain selon Moscou, permettrait de demander l'appui du Conseil de sécurité de l'ONU et d'obtenir ainsi une entière légitimité et le soutien de la communauté internationale.

On sait que désormais, un rapprochement de la Russie avec l'Arabie saoudite est à l'ordre du jour à Moscou, pour de nombreuses raisons que nous ne reprendrons pas ici. Il pourrait se faire en bonne entente avec l'Iran, jusqu'à présent encore fidèle soutien de Bashar al Assad. L'accord de l'Iran serait un argument fort pour la mise en place de cette coalition, à laquelle elle pourrait éventuellement participer – quitte à ce qu'une trêve s'organise entre Ryad et les rebelles chiites Houthis au Yemen soutenus jusqu'à présent par Téhéran, mais qui ont subi récemment quelques revers.

Ne nous faisons pas cependant d'illusion. Washington restera sur une position dure à l'égard de Moscou, au risque de faire avorter l'ensemble du dispositif anti-daesh évoqué ci-dessus. Obama préférera sans doute poursuivre sa petite guerre aérienne totalement inefficace, en comptant sur un éventuel appui à terre de la Turquie.

Quant à la France? Nous terminons généralement ce type d'article en déplorant l'absence de la diplomatie française, en dehors d'un soutien justifié à l'Egypte. La France aurait du prendre au vol la proposition russe, quitte à admettre que la chute de Bashar al Assad cessait d'être pour elle une priorité. Mais à notre connaissance, on ne l'a pas entendue.


12/08/2015
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