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Automobile. Un gouvernement peut-il ne pas faire ce qu'il ne devrait pas faire ?

La prime à la casse est inutile et dangereuse. Il faudrait à la place rassembler tous les moyens disponibles pour promouvoir une industrie automobile capable de fournir dans 5 ans des voitures adaptées à la crise économico-environnementale qui ne fait que commencer. Mais un gouvernement européen isolé le peut-il ?

Lorsque l'on entend dire que Nicolas Sarkozy a l'intention de  faire attribuer une prime de 1000 euros pour toute mise à la casse d'un véhicule ancien au profit de l'achat d'un véhicule neuf (1500 euros,  demandent déjà les concessionnaires)  on ne peut qu'être tenté d'attribuer au dit  une prime d'opportunisme, pour ne pas employer le vilain mot de démagogie. On sait que la prime à la casse est inutile, car son effet n'est que provisoire. Elle se borne à donner de l'argent  à des gens qui de toutes façons, voulaient abandonner leur vieille voiture et qui, une fois que cela  sera fait, ne le referons pas avant plusieurs années. Mais surtout, la prime à la casse est dangereuse car elle va à l'encontre de tout ce dont  par ailleurs les mesures de lutte contre la crise économique et contre la crise climatique veulent essayer de persuader les gens : les automobiles sous leurs formes actuelles ont vécu et doivent être remplacées par autre chose.  Vieilles ou pas, elles polluent et consomment quasiment autant.

Le gouvernement français, comme les autres gouvernements européens voulant sauver leur industrie automobile devraient au contraire se mettre d'accord sur des mesures réglementaires interdisant à échéance de 5 ans la circulation urbaine à des voitures dépourvues de moteurs électriques ou, au pire, hybrides. Le signal, en ce cas,  ne passerait pas inaperçu.

Ils devraient parallèlement mettre toutes les ressources financières susceptibles d'être affectées à ce secteur dans des aides aux constructeurs européens afin qu'ils développent les modules efficaces (communs) nécessaires à la réalisation de tels nouveaux moteurs. Le travail pourrait commencer très vite et une partie des personnels menacés de chômage pourraient y être affectés. Si cela n'est pas fait, les Européens n'auront rien à opposer aux produits nouveaux que les industriels chinois et indiens se préparent à vendre partout dans le monde. Une guerre économique très dure se prépare avec eux, sur ce front comme sur d'autres. Ce n'est sans doute pas pour rien que la Chine vient de décider de dévaluer le yuan afin de rendre ses exportations plus compétitives (mesure que l'Europe, disons-le en passant, ne devrait pas laisser passer sans réaction).

 Mais le gouvernement français, comme d'ailleurs le gouvernement allemand, peuvent-ils décider seuls de refuser des mesures inutiles et dangereuses, telles que la future sarkozette (nom déjà donnée à la prime) face aux intérêts industriels et syndicaux coalisés ? Peuvent-ils faire autre chose que réagir dans l'urgence à des menaces de licenciements ou de nouvelles délocalisations concernant leurs industries automobiles ? Bien sûr que non.  Si l'Europe existait en tant que puissance économique unie, le pourrait-elle davantage ?  Nous le pensons, mais cela resterait à prouver.

Les gouvernements, malheureusement, ne sont pas encore suffisamment  informés des réalités pour se rendre compte qu'ils ne sont le plus souvent que des jouets emportés par l'urgence. Ce devrait être pour chacun d'eux, comme pour les citoyens les plus conscients, une raison de plus afin de prévoir  en commun les urgences de demain, au lieu d'attendre qu'elles n'éclatent au visage.  
03/12/2008
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