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La Turquie, comme l'Amérique, face au monstre qu'elles ont contribué à créer.

Ce monstre, c'est évidemment l'Etat islamique. Même s'il est officiellement combattu actuellement par les deux pays, il a été entretenu depuis des mois, tant par des dollars américains que par la complaisance avec laquelle Erdogan et l'armée turque ont laissé des apprentis djihadistes de toutes origines rejoindre la Syrie à travers la frontière turco-syrienne.
Dans les deux cas, il s'agissait de combattre sans le reconnaître l'Iran chiite, le syrien Bashar al Assad et la Russie considérée ( à juste titre d'ailleurs) comme une alliée stratégique des deux précédents. Moins clairement, il s'agissait aussi, tant pour la Turquie que pour l'Amérique, d'affaiblir l'influence des européens dans la région et même d'affaiblir l'Union européenne en Europe même. Les djihadistes revenant en grand nombre en Europe ne peuvent en effet que créer de graves troubles dans l'ensemble de l'Europe, dont l'Amérique et à moindre titre la Turquie ne pourront que profiter pour accroitre leur influence.

Or le monstre s'est retourné contre ses alliés américains et turcs, en les menaçant à leur tour. Des attentats de type islamique radical se généralisant en Turquie (qui prétend encore à se rattacher à un islamisme modéré) comme au Etats-Unis eux-mêmes ne pourront que transformer radicalement la nature de ces deux régimes, en les fragilisant de l'intérieur et en accentuant leurs contradictions internes. En Turquie, entre autres conséquences, le djihadisme contribuera au renforcement défensif du parti kurde et de ses sympathisants. En Amérique, de nouveaux attentats imputables aux islamiste ne feront certes aucun mal en profondeur aux intérêts américains, mais ils accéléreront les tentations de plus en plus fortes pour faire disparaître ce qui reste de démocratie dans ce pays, et le transformer progressivement en dictature militaire.

A cet égard, les récentes déclarations du général Wesley Clark préconisant de regrouper dans de vastes camps de concentration tous les individus jugés susceptibles de radicalisation,  ont été accueillies par le silence, sinon avec faveur, par les autorités et les média (voir l'article en français sur ce thème publié par le World Socialist Web Site http://www.wsws.org/fr/articles/2015/jul2015/wcla-j22.shtml )

Est-ce à dire qu'en Irak et en Syrie, la pseudo guerre que menaient jusqu'ici les Etats-Unis et la Turquie va se transformer en une guerre véritable, avec l'envoi de troupes au sol? On peut en douter. Les deux pays vont se limiter à quelques frappes aériennes symboliques. Par ailleurs il apparait que la Turquie frappe tout autant les implantations kurdes du PKk, alliées contre les islamistes, que ces derniers. Dans le même temps, comme l'a montré la visite surprise à Bagdad du Secrétaire à la défense Ashton Carter auprès de l Iraqi Counterterrorism Service Academy et auprès des forces spéciales américaines censées entraîner les Irakiens, la lutte contre Daesh restera cosmétique. L'objectif restera le même: protéger ou étendre les positions américaines au Moyen Orient, soutenir les « alliés » du Golfe malgré leur double jeu permanent, et finalement lutter contre Assad et Poutine.

24/07/2015
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