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Accord historique sur le nucléaire iranien? Peut-être mais au profit de qui?

Tous les médias et beaucoup de gouvernements présentent cet accord comme devant bénéficier en priorité à Barack Obama. On peut penser au contraire, passés les effets d'annonce, que l'accord profitera essentiellement à ceux qu'à tort ou à raison, la diplomatie américaine continue à considérer comme des adversaires.
Sur le nucléaire lui -même, il faut être réaliste. A supposer même que l'Iran ait pu se doter d'une arme nucléaire, elle n'aurait jamais pu s'en servir. C'est ce qui se produit depuis que la bombe existe. La peur des représailles, c'est à-dire d'un bombardement nucléaire massif en retour, provenant tant du pays visé en premier lieu que de ses alliées. a toujours calmé les plus aventureux. Le Pakistan souvent présenté comme soutenant des mouvements anti-occidentaux, sinon terroristes, n'a jamais utilisé sa bombe. A l'inverse, on suppose qu'Israël n'oserait pas recourir à son arsenal nucléaire, fut-il tactique, pour décourager une offensive provenant d'un Etat musulman voisin. Il ne le ferait qu'en dernier ressort, pour desserrer l'encerclement de 300 millions d'arabes, si cet encerclement prenait une forme militaire généralisée - et quitte à s'anéantir lui-même ce faisant.

En face de ce résultat à l'intérêt douteux, la liste des ennemis que l'accord procurera à Obama est longue:

- aux Etats-Unis, l'opposition déterminée des néocons et d'une grande partie des conservateurs, rejoints peut-être par celle de quelques démocrates. La question sera certainement évoquée lors de la prochaine campagne présidentielle.

- En Israël et chez ses nombreux soutiens dans la diaspora juive mondiale.

- En Arabie saoudite et chez ses alliés sunnites. Militairement, ils ne sont pas très dangereux. Leur participation à la pseudo-lutte contre Daesh est illusoire. Mais ils détiennent l'arme du pétrole.

A l'inverse, la liste des pays, considérés par l'Amérique, comme des ennemis potentiels, est également longue. L'Iran ne va pas, sous prétexte de l'accord, abandonner ses alliances, au contraire. Elle y aura les mains plus libres. Citons en premier lieu Bashar al Assad, le Hesbollah, la Russie sans oublier les rebelles Houthis au Yémen. L'Iran pourra beaucoup plus facilement  les aider diplomatiquement, économiquement et militairement.

Par la suite,  il serait très douteux que l'Iran, par « reconnaissance » décide de soutenir les errements de la diplomatie américaine au Moyen et Proche Orient, du fait des risques politiques que ce soutien lui ferait courir.

Enfin, au plan économique, l'ouverture du marché iranien aux importations de produits étrangers jusqu'ici prohibées par les sanctions, ne bénéficiera pas nécessairement en premier lieu aux entreprises américaines. La Russie en profitera, le Brics plus généralement, mais aussi les européens, qui ont déjà multiplié les approches.

Il faudrait donc qu'Obama soit très optimiste pour ne pas tenir compte de tous ces éléments et continuer à présenter l'accord comme une grande victoire. Ils lui seront inévitablement reprochés par le tout puissant establishment militaro-industriel américain.


16/07/2015
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