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L'Allemagne va-t-elle pousser la Grèce vers la sortie?

Un article du Bild a surpris 1). Il exhorte la chancelière Merkel à favoriser la sortie de le Grèce de l'euro. Le Bild propose diverses disposition qui permettraient à la Grèce de réaliser cette sortie dans les meilleures conditions.
Résumées par François Vadrot, expert en la langue de Goethe, qui nous a signalé l'article, ces dispositions pourraient être: une réduction rapide de la dette (en abandonner la moitié pour que la Grèce puisse se redresser), une aide humanitaire (pour que d'Athènes à Corfou personne ne se sente abandonné par l'Europe), une aide aux investissements (développement économique et social, routes, écoles), pour que la Grèce ne coupe pas les ponts avec l'Europe et puisse se redresser .

Jusqu'à présent, la chancelière s'était montrée la plus ferme de tous ses homologues pour contraindre la Grèce à rester dans l'euro. On verra ce qu'il en sera ce soir 07/07 après la réunion d'urgence des chefs d'Etat européens. Mais pourquoi cette position du Bild, qui correspond certainement à celle d'une majorité de ses électeurs ? On peut penser que les Allemands, constatant qu'ils dominent largement en termes économiques l'ensemble des pays de l'Union européenne, voudraient dorénavant tirer les avantages de cette position en termes géostratégiques, c'est-à-dire se confirmer à la tête de l' Eurogroupe comme une puissance mondiale capable de rivaliser dorénavant avec les Etats-Unis . Cependant pour ce faire, l'Eurogroupe devrait se débarrasser des canards boiteux, la Grèce en premier lieu, qui l'affaibliraient et affaibliraient en conséquence l'Allemagne dans ses ambitions mondiales.

Curieusement, cette ambition allemande, exprimée en termes cryptiques par le Bild, confirmerait la prédiction de George Friedman qui, à la tête de la société Stratfor, a prédit qu'au 21e siècle, la principale rivale de l'Amérique sera l'Allemagne. Il conseille en conséquence à l'Amérique de se méfier d'elle plus encore qu'elle ne le fait de la Russie et de la Chine. Rien de tel donc pour ralentir l'essor allemand que de l'obliger à s'embarrasser de la Grèce, comme d'autres Etats dits du Club Méditerranée, en obligeant l'Allemagne à subvenir à leurs besoins. C'est sans doute la raison pour laquelle Washington s'est montré jusqu'ici le défenseur le plus actif du maintien de la Grèce dans l'euro.

Concernant Washington et la Grèce, ajoutons comme nous l'avons plusieurs fois indiqué, que la plus grande crainte américaine en ce domaine serait de voir la Grèce en perdition se jeter dans les bras de la Russie 2). A l'inverse, l'Allemagne qui depuis longtemps cherche à mieux coopérer avec la Russie, verrait cette éventualité d'un très bon oeil. La Grèce à Moscou, l'Allemagne à Moscou, même combat pour un rapprochement avec la Russie.

 1) Voir
http://www.bild.de/politik/ausland/griechenland-krise/mit-diesem5-punkte-plan-muss-merkel-heute-nach-bruessel-reisen-41666526.bild.html

2) Thierry Meyssan, qui  n'est en rien, rassurez vous,  parole d'évangile pour moi, le dit très bien: L'euro, un projet anglo-saxon datant de la guerre froide. Aujourd'hui, pour Washington, il ne faut pas détruire le projet. D'où l'ardeur de Mme Merkel (bien conseillée par Obama ) à le défendre
http://www.voltairenet.org/article188044.html

 




07/07/2015
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