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Civilisations, Grèce et autres débats en ce début d'été

Le choeur des indignations qui notamment à gauche, a salué la déclaration de Manuel Valls après les derniers attentats islamistes, est particulièrement révélateur des faiblesses, sans doute électoralistes, de cette même gauche, vis-à-vis de l'islam.
 « Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c'est au fond une guerre de civilisation. C'est notre société, notre civilisation, nos valeurs que nous défendons », a-t-il dit. Pour une fois qu'un haut responsable français se comportait en véritable chef d'Etat, il aurait fallu au contraire le féliciter.

Le discours officiel, non seulement de la gauche dans son ensemble, mais aussi de l'ensemble des responsables politiques et gouvernementaux, sauf hélas au Front National, distingue d'un côté, les partisans d'un islam radical, fanatique et potentiellement terroriste, de l'autre, les partisans d'un islam modéré, tolérant et désireux de vivre en accord avec les lois de la République.

Or quand on regarde les Etats qui, dans le monde, se disent musulmans, et non pas laïcs comme l'Egypte ou sauf erreur, la Tunisie d'aujourd'hui, on constate qu'ils pratiquent des valeurs (pour conserver au terme sa signification sociologique) depuis longtemps rejetées par la France, et même l'Europe: devoir de mener la guerre sainte partout dans le monde pour faire triompher la religion, encouragement à décapiter les mécréants, c'est-à-dire les athées et ceux qui se réfèrent à d'autres religions, pratique étendue de la peine de mort et de peines pénales sous des formes abandonnées en Europe depuis la Révolution française, lapidations, amputations, flagellations interminables telles que celles pratiquées par le Royaume saoudien et prêchées dans toute l'Europe par des imams radicaux.

S'y ajoute la situation définitivement inférieure imposée aux femmes, que ne résume pas le seul voile, et le refus de la science moderne. Beaucoup de musulmans fort pacifiques par ailleurs de notre connaissance affirment encore que la recherche scientifique est inutile car tout a été dit et prévu par le Coran. Ajoutons l'inexistence de la liberté d'expression et de la liberté de la presse, les parodies de régimes représentatifs, le combat déterminé contre nos propres valeurs civilisationnelles.

Si l'on considère que tout ceci ne désigne pas une ou des civilisations radicalement différentes de la nôtre, il n'y aura effectivement aucune raison pour que les musulmans effectivement pacifiques, dans nos régions, ne rejoignent pas un jour ou l'autre les discours les plus excités des djihadistes, abondamment diffusés sur Internet. Certes, tous ne le feront pas, mais les individus aux psychismes les plus troublés y trouveront des prétextes pour laisser libre cours en eux à des pulsions criminelles qui sont sans doute inhérentes à chacun, mais que notre propre civilisation a empêché, depuis au moins les deux dernières guerres mondiales, de s'exprimer .

La Grèce

Là encore, un choeur de bien pensants, que ce soit cette fois-ci à droite comme à gauche, stigmatise Alexis Tsipras et derrière lui le mouvement Syrisa. Ces Grecs ne chercheraient qu'une chose, maintenir les privilèges indus dont bénéficient différentes catégories sociales, en leur donnant par exemple la capacité de fuir l'impôt (qu'il s'agisse du petit commerçant ou du riche armateur). Ceux qui en France, notamment à l'extrême gauche, voient en Tsipras le champion de changements importants pour l'Europe, seraient des naïfs abusés.

Or ces bien-pensants se refusent à voir que, derrière le combat de Syrisa et de Tsipras, se sont manifestées des ambitions de changements politiques importants: volonté d'introduire la démocratie au sein des institutions de l'Union européenne, mise en place de politiques publiques visant à prioriser l'investissement productif, volonté d'émancipation à l'égard de la domination américaine, volonté de se rapprocher des voisins eurasiatiques.

Quelle forme pourrait prendre une Europe ainsi transformée par de tels changements? Les points de vue différent sans doute un peu, mais en dehors d'un retour à une Europe des Etats qui en séduit beaucoup mais qui selon nous ruinerait tout espoir de voir le continent peser de quelque façon dans le monde des grands ensembles géopolitiques, il pourrait s'agir d'une Europe de type fédéral un peu analogue à ce que sont les Etats Unis (corruption par le dollar en moins) et d'une Europe par ailleurs décidée à des coopérations stratégiques avec les Brics, réalisant ce que l'on nomme de plus en plus souvent un ensemble euro-Brics.

Tsipras et son combat survivront-ils aux offensives généralisées qui se déchaineront contre lui dans les prochains jours, nul ne peut le dire. Mais s'il disparaît, on ne voit pas très bien dans l'immédiat qui pourrait reprendre le combat pour une Europe réformée telle que décrite ci-dessus.

Une garde nationale en France

Pour en revenir aux menaces djihadistes, certains y compris à gauche proposent de créer une garde nationale armée capable de compléter les moyens de l'armée et de la police, soumise aux mêmes contraintes et placées sous les mêmes responsables politiques et administratifs. Il ne faut pas se cacher les réalités. Les offensives terroristes se multiplieront dans les prochaines années, visant des milliers d'usines Seveso ou analogues, des lieux commerciaux et touristiques, des évènements culturels ou sportifs. D'ores et déjà, la Tunisie a décidé d'armer des vigiles pour protéger ses stations. Mais comment éviter que d'innombrables incidents et dérives se produisent si des personnes armées mais mal encadrées se mêlent à la population. Sans parler du détournement par les futurs terroristes des systèmes de protection ainsi mis en place.

L'idéal serait de renforcer en moyens humains l'armée, la gendarmerie et la police. Mais il faudrait pour cela recruter des milliers ou dizaines de milliers d'hommes (et de femmes). Une solution intermédiaire entre de tels moyens et l'apparition de milices dites citoyennes s'armant et intervenant sans aucun contrôle, serait la mise en place d'une garde nationale légère, constituée de volontaires éventuellement intermittents, modérément armée, soumise aux hiérarchies militaires et aux tribunaux, un peu sur le modèle des sapeurs-pompiers dont chacun reconnaît les grandes qualités professionnels. Elle pourrait être conçue sur un plan national mais aussi sans doute au plan des collectivités locales, à l'exemple des polices municipales.

Certes, des incidents et dérives se produiront nécessairement, surtout dans les zones sensibles, mais ils seront sans comparaison avec l'effondrement sociétal collectif qui résultera de la multiplication des attentats djihadistes.

29/06/2015
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