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Le gouvernement grec va-t-il capituler devant la troïka ?

Nul ne sait ce soir 25/06 qui va renoncer le premier, le gouvernement grec acceptant enfin les exigences pourtant inadmissibles de la troïka (FMI, BCE et conseil européen) ou cette dernière abandonnant ses exigences de peur si elle ne le fait pas d'obliger la Grèce à sortir de l'euro, voire de l'UE. En tous cas, il n'y a pas encore d'accord.
« Les institutions et la Grèce continuent à travailler. ». a dit Alexander Stubb, ministre des finances finlandais, à la fin de l'Eurogroupe, jeudi 25 juin au soir. Une nouvelle réunion dans quelques jours devrait à nouveau permettre d'en discuter.

Peut-on imputer la responsabilité de ce nouveau délai aux négociateurs grecs? Certainement pas. Le gouvernement grec a fait des concessions importantes depuis le mois de février dernier, mais comme le rappelle l'économiste Jacques Sapir, ces concessions sont toutes conditionnées par un accord général sur la question de la dette. C'est le poids des remboursements qui contraint le gouvernement grec à ne pas pouvoir investir, au plan économique comme dans les services (éducation, santé) afin de relancer son économie.

La Grèce a réalisé un effort budgétaire considérable, diminuant les dépenses et augmentant les impôts, mais dont les résultats profitent exclusivement aux créanciers, créanciers dont les précédents gouvernements grecs, aujourd'hui rejetés par Syrisa, avaient fait le jeu par intérêt politique voire sous l'influence d'une corruption qui ne se dissimulait même plus. Le gouvernement grec ne demande pas des sommes supplémentaires à ses créanciers. Il demande que les économies  que la Grèce dégage puissent être utilisées pour investir. Sur ce point, il n'avait pas voulu transiger. Et sur ce point, il n'est pas prêt à transiger, du moins jusqu'à maintenant. 

On dira que ces créanciers sont pour l'essentiel des européens, qui n'ont pas de raisons d'accepter le non remboursement des prêts qu'ils ont fait à la Grèce (par exemple environ 900 euros cumulés pour chaque citoyen français). Mais en fait ce sont des organismes bancaires qui ont fait ces prêts, sans consulter les citoyens et le plus souvent pour des raisons spéculatives. Qu'une partie importante de cette dette soit annulée (restructuration) serait parfaitement normal, et se fait d'ailleurs en permanence dans le monde.

Faire capituler Syrisa

Ce ne sont pas les intérêts des citoyens européens créanciers de la Grèce que défend la troïka. Elle veut provoquer la capitulation politique de Syriza , décourageant d'autres forces politiques européennes qui voudraient suivre l'exemple grec, c'est-à- dire obliger à revoir les traités européens en vue d'y introduire plus de démocratie. Bien plus important, faire capituler Syrisa servirait immédiatement les intérêts géostratégiques américains, très bien représentés à Bruxelles. Le spectre d'un éventuel rapprochement de l'Europe avec la Russie et les Brics serait ainsi conjuré.

Nous dirions en conclusion, pour reprendre les termes de Jacques Sapir, qu'il est, à l'heure actuelle, « impossible de dire si le gouvernement grec, désormais menacé par l'équivalent d'un coup d'état militaire interne, autrement dit une « révolution de couleur » arrivera à maintenir sa position jusqu'au bout. Mais, jusqu'à présent, il a défendu les intérêts du peuple grec, et au-delà, les intérêts des européens, avec la force d'un lion. Nous n'avons pas le droit d'oublier cela et nous nous en souviendrons quel que soit le résultat final de cette négociation ».  

Jacques Sapir. Voir russeurope.hypotheses.org

25/06/2015
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