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Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter bat le rappel anti-russe en Europe

Le secrétaire américain à la Défense (équivalent d'un ministre de la Défense) parcourt l'Europe dans la semaine du 29 juin, pour exhorter les pays européens membres de l'Otan à ne pas baisser la garde devant la Russie, présentée par lui comme un danger de plus en plus grand.
Lundi il était en Allemagne puis mardi à Tallinn (Estonie). Il sera à Bruxelles pour la réunion des ministres de la Défense de l'Otan mercredi et jeudi, avant une dernière escale en Allemagne vendredi pour assister à des manœuvres associant 12 pays européens.

Ashton Carter (image) a confié à ses interlocuteurs « qu'il se demandait si le comportement agressif et passéiste de Moscou pourrait changer tant que le président russe Vladimir Poutine était au pouvoir ». En d'autres termes, il les encourage à provoquer avec leurs moyens un changement de régime en Russie (regime change). Que dirait-on si le ministre russe de la défense se rendait en Amérique latine pour encourager les pays latino-américains à se mobiliser pour le départ d'Obama, présenté (ce qui n'est d'ailleurs pas inexact) comme un fauteur de guerre dans ce continent?

Mais Carter se veut rassurant. Il ne demande pas la disparition de la Russie, mais celle de son président: "Les Etats-Unis continuent d'envisager que la Russie, peut-être pas sous Vladimir Poutine, mais peut-être à l'avenir, reviendra à une attitude qui va de l'avant, et non pas passéiste", a-t-il déclaré avant d'arriver à Berlin.

Un haut responsable au Secrétariat à la Défense, accompagnant le ministre, s'est félicité du fait que les Etats-Unis et l'Otan aient atteint ce mois-ci le plus fort niveau d'entrainement et d'exercices depuis la guerre froide. La visite, selon lui, est destinée à saluer ce qui a été fait, et discuter de qu'il faut continuer à faire.

A Tallinn, les ministres de la Défense des trois pays baltes, qui se préparent depuis longtemps, selon eux, à une invasion russe imminente, ont réclamé la présence permanente de troupes de l'Otan sur leur territoire. Ceci en dépit du fait qu'un tel déploiement serait en contradiction avec l'Acte fondateur signé par l'Otan et la Russie post-communiste pour "construire ensemble une paix durable et respectueuse".

Dans l'immédiat, en attendant les troupes de l'Otan, ils ont accepté la proposition des Etats-Unis visant à pré-positionner dans les pays du flanc Est de l'Europe, dont les pays baltes, des armements lourds, de quoi dans un premier temps équiper l'équivalent d'une brigade de combat (environ 5.000 hommes).

L'Allemagne est rentrée dans le rang

En Allemagne, dont les Etats-Unis apprécient le "leadership" au sein de l'Alliance, Aston Carter a prononcé un important discours pour expliquer comment faire face à la menace russe grandissante. Il s'est rendu ensuite à Munster au quartier général du 1er corps d'armée germano-néerlandais, avec les ministres de la Défense allemande Ursula von der Leyen, néerlandaise Jeanine Hennis-Plasschaert, et norvégienne Ine Eriksen Soereide.

Le corps d'armée germano-néerlandais symbolise ce que les Américains appellent de leurs vœux en Europe: des soldats de deux pays différents dans une même unité, appelée à devenir un élément clef de la future force de réaction très rapide de l'Otan.

Par ailleurs, les Américains, qui entretiennent près de 65.000 hommes en Europe réclament avec insistance aux Européens d'augmenter leurs efforts d'intégration militaire et de défense collective dans le cadre de l'Alliance. Ashton Carter a regretté que seuls, en 2014, trois pays européens aient eu des dépenses militaires supérieures ou égales à 2% du PIB, l'objectif fixé par l'Otan: l'Estonie (?), la Grèce (??) et le Royaume-Uni. Rappelons que la Grèce, en grande difficulté économique, a été depuis longtemps obligée par les Etats-Unis de se doter d'une armée surdimensionnée. Le poids de cette défense, assorti des exigences de la troïka, ne l'aide pas à redresser son économie.

Concernant l'Allemagne, il est déplorable de constater que dorénavant, elle se comporte en fidèle vassale des Etats-Unis, alors qu'il avait semblé un moment, à Minsk, que la chancelière Merkel prenait un peu d'indépendance. François Hollande, en ce qui le concerne, saura-t-il résister à la pression belliciste de Washington?

Pour notre part nous avions dans de précédents articles considéré que si les effets de sabre américains n'auraient aucun suivi pratique en cas d'une véritable offensive terrestre conventionnelle russe, ils ont pour effet de resserrer la dépendance des pays européens autour du grand frère américain. Ainsi se trouve retardée la constitution d'une Europe dotée d'une indépendance stratégique et diplomatique, qui pourrait être tentée (horresco referens) d'établir des liens de coopération cordiale avec la Russie.


23/06/2015
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