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Que la Grèce tienne bon et ne cède en rien

Le 16/06 Romaric Godin a écrit dans la Tribune, sous le titre « Grèce, la nouvelle stratégie des créanciers » un article décrivant un scénario à la chypriote que les Européens promettraient à la Grèce.

Nous citons: http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-la-nouvelle-strategie-des-creanciers-484444.html

«  Dimanche 14 juin, il n'y a eu aucune discussion. Selon des sources grecques proches du gouvernement, les négociateurs grecs se sont retrouvés à Bruxelles face à une équipe de techniciens « n'ayant aucun mandat pour négocier. » Et de fait, durant ce court rendez-vous de 45 minutes, toutes les nouvelles concessions grecques et non des moindres (notamment l'acceptation de l'objectif d'excédent primaire de 1 % du PIB pour cette année) ont été repoussées. Les exigences - toutes les exigences - des créanciers étaient à accepter en bloc. Ou à refuser. Autrement dit, les créanciers ne cherchent plus réellement à trouver un accord. Ils jouent désormais le coup d'après, celui qui suivra le défaut du 30 juin.

Un article de la Süddeutsche Zeitung (SZ) dévoile la stratégie mise au point par les dirigeants de l'Eurozone après le défaut. Selon la SZ, les chefs de gouvernement se retrouveraient dans une réunion d'urgence. Ils demanderaient à Athènes d'imposer un contrôle des capitaux et des limitations aux retraits des guichets bancaires au cours d'un week-end. Les banques devraient alors rester fermées quelques jours. Si le gouvernement grec refuse de faire passer une loi spéciale - nécessaire pour la réalisation de ce plan -, le système financier grec sera « isolé » de l'Eurosystème. Autrement dit, on coupera l'accès à la liquidité d'urgence (programme ELA) des banques grecques.

Autrement dit, comme à Chypre, ce contrôle des capitaux permettra de faire payer la faillite des banques grecques par les déposants de plus de 100.000 euros"

Les créanciers (FMI, BCE, UE) espèrent que devant cette menace, Alexis Tsipras sera contraint d'accepter toutes leurs conditions. Sinon il serait renversé par ses électeurs. Mais Romaric Godin met en garde. Les évènements ne se dérouleront peut-être pas de cette façon.

Un autre scenario

Explorons brièvement les raisons pour lesquelles Alexis Tsipras ne doit pas céder devant les créanciers et plus généralement les défenseurs du maintien d'une eurozone et d'une Union européenne sans renégociation des traités. Ceux-ci  jouent un jeu dangereux (pour eux), et intéressant pour ceux qui, comme nous ici, se sont résolus à refuser dorénavant une Union européenne telle qu'elle est devenue, sous la pression des intérêts financiers internationaux et plus directement encore de Washington.

1. Comme l'écrit Jacques Sapir, il y aura de nombreux pays en Europe qui profiteraient d'une sortie de la Grèce de l'euro, et même de l'Union, pour engager une renégociation des traités. Voir http://russeurope.hypotheses.org/3966

2. Que ferait la France? Peut-être s'accomoder d'un euroland en partenariat quasi exclusif avec l'Allemagne (voir proposition Macron-Gabriel http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1783&r_id= ). Ceci serait très viable. Les autres Etats formerait une confédération beaucoup plus souple, sans monnaie commune proprement dite.

3. De plus il ne faut pas oublier que Tsipras, poussé à bout, comme ses électeurs, par les exigences de la Troïka, se tournera comme il l'a promis soit vers Moscou, soit vers les nouvelles banques du Brics, Banque de Développement et/ou AIIB promue par la Chine - lesquelles seraient heureuses, sauf erreur, de l'aider. Il serait vite rejoint par d'autres petits pays européens.

Pour notre part, nous ne pourrions que nous en réjouir. Ce serait le début concret d'un euroBrics qu'avec d'autres plus influents que nous, nous défendons depuis longtemps.

Conclusion:

Que Tsipras tienne bon (s'il n'est pas victime d'un pronunciamiento diligenté par Washington). Il restera un héros dans l'histoire des 30 à 50 prochaines années,  un héros contrairement aux autres chefs d'Etat européens qui disparaitront dans l'anonymat.

Courage donc, camarade Tsipras. Si les anonymes qui en Europe, comme nous, vous soutiennent moralement, s'organisent plus efficacement qu'aujourd'hui pour vous aider.




17/06/2015
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