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Le G7 du 7 juin, ou le duo touchant Obama-Merkel. A retenir surtout l'interview de Poutine

Le sommet du G7, dimanche 6 juin, à Elmau en Allemagne, pourrait être résumé comme un duo entre Barack Obama et Angela Merkel pour maintenir l'Europe entière en rupture avec la Russie.
Obama, dès avant la session, parlant côte à côte avec Angela Merkel, qui semblait l'approuver en tous points, à insisté sur la nécessité de poursuivre les « sanctions » pesant contre Moscou, accusé de soutenir la rébellion dans l'Est séparatiste. En bon élève, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a de son côté appelé le sommet du G7 à «confirmer son unité» sur les sanctions contre la Russie liées au rôle de Moscou dans la crise ukrainienne. «Mon intention est qu'aujourd'hui, nous reconfirmions notre unité sur la politique de sanctions», a-t-il déclaré. «Si quelqu'un veut reconsidérer cette politique, ce ne pourra être que pour la renforcer». Stop. Plus rien à déclarer. De quel droit tous ces bonnes gens prétendent-ils parler pour la France, elle aussi membre du G7, sauf erreur. La question ne sera pas posée.

Au début du sommet, Barack Obama avait énuméré ses objectifs, notamment «favoriser une économie mondiale créatrice d'emplois, maintenir une Union européenne forte et prospère, bâtir de nouveaux accords commerciaux à travers l'Atlantique, et lutter contre le changement climatique». Nous pouvons traduire cela en « généraliser le libre-échange mondial, se mêler de la prospérité de l'Union européenne à condition que celle-ci reste sagement dans l'atlantisme, imposer à l'Europe le Tafta ou traité de libre-échange transatlantique, lutter en parole mais non en actes, intérêts pétroliers obligent, contre le réchauffement climatique ».

Mais l'essentiel de la démarche dans laquelle il veut entrainer le G7 consiste à « dénoncer l'agression» russe contre la Crimée, qui a valu à la Russie d'être exclue du G8 ». Pour cela, il veut maintenir les « sanctions » en les renforçant – sanctions, rappelons-le, dont tous les membres du G7 supportent les dommages en retour, à l'exception des Etats-Unis.

On pouvait attendre d'Angela Merkel, qui fut avec François Hollande l'initiatrice des accords dits Minsk2, un peu plus de nuances. Mais reprise par un accès d'obéissance à l'égard d'Obama, elle s'est dite elle aussi partisane d'une ligne dure, même si pour ménager Moscou, elle a évoqué «  des entorses aux accords sur le terrain par toutes les parties, séparatistes et progouvernementales » . Obama ne l'a pas entendu de cette façon. Selon le communiqué publié par son entourage, «Les deux dirigeants se sont mis d'accord sur le fait que la durée des sanctions devrait être clairement liée à la mise en œuvre complète par la Russie des accords de Minsk et au respect de la souveraineté ukrainienne», comme si l'Ukraine n'avait pas la moindre responsabilité dans la violation permanence des accords, poussée d'ailleurs ouvertement par l'Amérique.

François Hollande n'a pas voulu soutenir sans réserves la volonté américano-allemande: le regain de tension ne doit pas conduire automatiquement à un durcissement des sanctions. « C'est trop rapide, cela ne fonctionne pas ainsi», a prévenu l'Élysée «  Il faudra revoir la question fin juin ». Mais le discours français a été plus qu'alambiqué « Seule la mise en œuvre complète des accords de Minsk pourra permettre la réévaluation des sanctions. Les parties prenantes ont jusqu'à la fin de l'année pour respecter leurs engagements ». Quand on sait que parmi les parties prenantes se trouve Porochenko, prèt à tout, poussé par l'Amérique, y compris à de nouvelles offensives à l'est pour rendre les accords caducs, on ne peut que regretter la mollesse de la mise en garde française.

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Signalons que de son côté, Vladimir Poutine, le grand absent de la réunion du G7, avait donné peu avant un interview au journal italien Corriere Dela Serra . La version en anglais a été publiée in extenso à l'adresse suivante http://www.corriere.it/english/15_giugno_07/vladimir-putin-interview-to-the-italian-newspaper-corriere-sera-44c5a66c-0d12-11e5-8612-1eda5b996824.shtml

Ici en français une traduction par RT des principaux passages de l'interview http://francais.rt.com/international/2987-poutine-otan-attaque-reve-fou

Nous conseillons à nos lecteurs de lire ce texte en entier.  Selon nous ce devrait être l'évènement le plus intéressant à retenir du G7. Au delà des faits indiscutables sur lesquels s'appuie Vladimir Poutine, ses bonnes intentions à l'égard de l'Europe respirent la sincérité. Certes, il ne s'agit que de phrases, mais elles sont préférables aux reproches qu'il pourrait faire à l'Europe du fait que celle-ci relaie sans hésiter l'offensive permanente conduite par l'Amérique.

07/06/2015
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