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L'Inde entre deux chaises

L'une de ces chaises est l'Amérique, l'autre la Russie. On avait pensé ces derniers temps que l'Inde avait choisi son camp, non pas celui de la Russie proprement dit, mais celui du Brics et de l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) où la Russie joue un rôle pilote important, conjointement aves la Chine. Mais c'était peut-être aller trop vite en besogne.

La chaise américaine

A la suie d'une tournée de 3 jours faite par le secrétaire d'Etat à la défense américain Ashton Carter en Inde pour renforcer la politique américaine visant à combattre l'influence chinoise en Mer de Chine sud, ce dernier a posé les dernières lignes d'un accord stratégique de 10 ans entre New Delhi et Washington, négocié avec les Indiens. Le point essentiel de cet accord est la signature d'un programme de coopération militaire pour 10 ans, évoqué par Barack Obama lors de son précédent séjour en Inde.

Ashton Carter a commencé son séjour en visitant la base de la marine indienne à Visakhapatnam où se trouve siège de l'Eastern Command. A partir de là, la marine indienne patrouille dans le détroit de Malacca et en mer de Chine. Il a affirmé la volonté conjointe de l'Inde et des Etats-Unis pour s'opposer aux revendications territoriales de la Chine dans la région.

De son côté le ministre de la défense indien Rao Inderjit Singh a confirmé devant le Singapore defence forum concomitant sa volonté de poursuivre des vols et incursions navales dans les régions contestées, afin de mettre au défi les manifestations chinoises contestant, selon lui, la liberté de navigation.

Ashton Carter a rencontré le premier ministre Narendra Modi dont le cabinet a confirmé l'accord de son pays aux objectifs de sécurité de l'Amérique, surtout si ceux-ci devaient se traduire par des coopérations industrielles aboutissant à des développements de matériel militaire en Inde (Make in India Initiative) . Carter aurait soutenu  «  avec enthousiame » ces demandes. Il a indiqué qu'il était décidé à des coopérations industrielles notamment dans le domaine des moteurs d'avions ou des équipements pour porte-avion. Ira-t-il jusqu'à coopérer avec l'Inde pour la fabrication sur place d'avions français Rafale, si la décision était prise ???

La chaise russe

Dans le même temps, la réunion à Moscou des ministres des affaires extérieures des pays membres de l'OCS, présidée par Vladimir Poutine, a permis de préciser le programme du sommet de cette dernière qui se tiendra en Russie à Uffa les 9 et 10 juillet. L'objet en sera d'établir entre les membres un dialogue permanent consacré aux thèmes suivants “Security, Stability and a Common Future for the SCO Area”. Les aspects éventuellement militaires de ce dialogue font l'objet d'un consensus.

Plus précisément, trois priorités seront étudiées Nous citons:

    - program of cooperation in combating terrorism, separatism and extremism for the immediate three-year period ahead till 2018;

    - agreement on cooperation in border issues

    - joint statement on drug trafficking.

Sur le plan des investissements en infrastructure, tous ces pays ont confirmé leur volonté de participer au programme chinois de Nouvelle Route de la Soie

Une douzaine d'Etats, dont la Russie et la Chine, font déjà partie de l'OCS ou ont manifesté leur désir de coopérer. L'Iran, la Biélorussie et quelques autres y réfléchissent. Or significativement, l'Inde et le Pakistan assisteront en observateurs attentifs au sommet d'Ufa. Ceci devrait être suivi d'une adhésion.

Il est évident que l'Inde ne pourrait pas se tenir à l'écart de l'OCS, surtout si son éternel rival le Pakistan en faisait partie. Pour elle, la participation à l'OCS et au dialogue avec la Russie et l'Inde sera une priorité, quelque soit le déplaisir (le mot est faible) que puisse en ressentir Washington.

Ce faisant, l'Inde pourrait se positionner comme puissance de stabilité et de dialoque entre l'Amérique, la Russie et les pays asiatiques. Si la France avait un minimum d'autonomie diplomatique, elle pourrait l'appuyer voire la rejoindre dans cette démarche, comme l'a montré l'accord Modi/Hollande sur le contrat Rafale.

06/06/2015
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