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Sepp Blatter capitule devant les « pressions » américaines.

Nous écrivons « pressions » mais il faudrait dire « menaces ». Il y a toujours eu des manoeuvres en sous-mains et des corruptions autour du monde du foot-ball, qui est depuis des années scandaleusement pénétré par l'argent, d'où qu'il vienne. Mais ceci sert tant d'intérêts que tous fermaient les yeux. Pourquoi subitement cette crise de vertu, menée par la justice américaine avec la complicité des autorités helvétiques?
Simplement parce qu'il y a quelques mois la Fifa, sous l'autorité de Blatter, avait décidé d'organiser la coupe du monde 2018 à Moscou. Si le monde du foot-ball , ainsi que ses « sponsors », se retrouvaient à Moscou, accueillis chaleureusement par Vladimir Poutine, ceci gênerait la guerre de communication menée par l'Amérique contre la Russie. Cette guerre a toujours existé. Elle ne cesserait pas tant que le but visé, entraîner la dissolution de l'Etat russe, ne serait pas atteint. Mais les festivités de la coupe du monde à Moscou marqueraient nécessairement un échec momentané de cette guerre, aux yeux des pays membres de la FIFA qui ne sont pas nécessairement aussi bienveillants que les Européens à l'égard de Washington.

Or le 2 juin, Sepp Blatter a annoncé sa démission, alors que sa réélection quatre jours avant aurait du renforcer sa légitimité. Cette démission doit être vue comme un événement géopolitique majeur, qui aura de larges répercussions. Pourquoi? Il n'est pas difficile de deviner que Blatter a cédé devant les menaces américaines. Après que le département américain de la Justice se soit engagé dans une vaste investigation anti-corruption ayant déjà entrainé l'arrestation en Suisse de 7 responsables de haut rang, et des poursuites contre 14 autres, aux motifs infamants de racket, fraude, blanchiment impliquant le foot-ball en Amérique du Nord, Amérique Centrale et Caraïbes, tout pouvait laisser penser à Blatter ou à ses adjoints actuels que les mêmes poursuites allaient être menées rapidement contre lui.

L'objectif en aurait été de montrer au monde que le choix de Moscou pour la Coupe de 2018 avait été obtenu par les mêmes arguments frauduleux, Non seulement Blatter en serait déshonoré, mais l'opprobre s'étendrait à la Russie. Il fallait par ailleurs convaincre, notamment les « sponsors », pour la plupart américains, que la politique de « sanctions » à l'égard de Moscou, ne serait en rien allégée.

En démissionnant, avant qu'il ne soit trop tard, Blatter a indiqué, en termes diplomatiques, que son nouveau mandat « does not seem to be supported by everybody in the world of football ». C'est le moins que l'on puisse dire. Et lorsque « everybody » inclut la formidable puissance de l'Amérique et des ses alliées européens, capables de tous les coups malsains, l'on comprend que Blatter ne se soit pas senti de taille à se battre. Il aurait pu cependant rappeler que les poursuites judiciaires américaines ont commence en 2010, juste après que les Etats-Unis n'ait pas été retenus par la Fifa pour les prochaines coupes du monde, en dépit des offensives de charme déployés par Obama auprès d'un Blatter pourvu alors de toutes les vertus.

Même si le principe d'une coupe du monde à Moscou n'était pas remis en question, comme certains représentants de la FIFA semblaient le promettre ce matin, il est prévisible que les investigations menées par la Justice américaine à l'échelle du monde entier se poursuivront avec plus de virulence que jamais. On peut s'attendre à ce que les prochains mois voient s'accumuler des accusations plus ou moins fondées contre la Russie elle-même, accusée d'avoir elle-aussi participé à la corruption du monde du foot-ball. Par ailleurs le boycott annoncé des cérémonies non seulement par certains chefs d'Etats atlantistes mais par les plus riches des sponsors, montrera à tous que la guerre américaine contre Poutine n'aura en rien perdu de son intensité. A bon entendeur salut.

Comment réagira ce dernier? Quel appui recevra-t-il de ses alliés du Brics? Sauront-ils faire face à cette offensive d'un nouveau genre?


NB. Voir notre article précédent
http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1775&r_id=


03/06/2015
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