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L'Otan à la conquête de la Macédoine

Les guerres du Kosovo découlaient initialement du fait que les deux communautés en présence, Serbes et Albanais, se considéraient comme les occupants légitimes du terrain (Cf article de Wikipédia). Mais leur rivalité latente aurait pu se poursuivre encore pendant des années, si les Etats-Unis n'avaient pas à partir de 1996 exploité la situation pour entreprendre la dissolution de la Serbie, qui était à l'époque une composante importante de l'ex-Yougoslavie, supposée alliée de la Russie.

A partir de 1999, le général américain Wesley Clark dirigeant les opérations depuis le Supreme Headquarters Allied Powers in Europe (tout un programme) a mené des actions militaires de plus en plus nombreuses et dévastatrices, secondées par des forces spéciales. La Yougoslavie a réagi de son côté avec brutalité. Le conflit a pris de plus en plus d'ampleur, aggravé par des oppositions religieuses entre Serbes orthodoxes et Albanais musulmans. L'Europe, poussé par l'Amérique, a pris fait et cause en faveur des Albanais. Les frappes aériennes se multiplièrent notamment dans la province du Kosovo. Sous la pression de l'Onu, le conflit finit par s'arrêter, mais toutes les parties en présence estimèrent qu'il s'agissait d'une grande victoire américaine face à la Serbie et la Russie.

Aujourd'hui, il n'est pas interdit de penser qu'un conflit de même nature se prépare. La Macédoine est un pays frontalier (voir carte) de la Serbie, de la Bulgarie, de l'Albanie et de la Grèce. Il est évident que, dans ce foyer de complications qu'à toujours été cette partie du Moyen-Orient (l'Orient compliqué) les Etats-Unis, qui pourtant n'auraient rien à faire dans la région, veulent y assurer leur pouvoir. Poussées par Victoria Nuland et l'ambassade américaine, des membres de la dissoute Armée de libération du Kosovo (ALK) multiplient des incursions terroristes sur le territoire macédonien à partir du Kosovo. 

Un coup d'Etat analogue à celui conduit en Ukraine précédemment

Le projet du Département d'État et de ses alliés macédoniens Zaev et Crvenkovski vise à chasser le gouvernement élu démocratiquement du Premier ministre Nikola Gruevski et du Président Georgy Ivanov. Ainsi serait renversé un gouvernement soucieux de l'indépendance de la Macédoine. Le pouvoir qui serait installé à sa place commencerait par annuler le projet de gazoduc Turkish Stream, destiné à acheminer le gaz naturel de Russie en Europe centrale via la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Hongrie. Il négocierait également avec la Grèce, l'Union européenne et l'Otan afin d'accélérer l'adhésion de la Macédoine à l'Otan et à l'Union européenne. Pour conduire cela, l'Amérique vise désormais à se rallier les nationalistes albanais d'Albanie et du Kosovo dans les régions à majorité albanaise de Macédoine, afin de les rattacher à une Grande Albanie sous contrôle de l'Ouest. En plus modeste, l'opération serait très proches de celle conduite par les Etats-Unis en Ukraine.

Des manifestations armées éclatent désormais le long de la frontière albano-kosovare. Elles incitent à une confrontation entre l'Otan et la Serbie, toujours accusée, comme elle le fut au début de ce siècle, de faire le jeu de Moscou. La Serbie sera en effet de par sa position géographique et ses sympathies politiques un partenaire essentiel pour les deux grands programmes du Brics dans la région: le gazoduc et pipeline Turkish Stream, ainsi que le tronçon ferroviaire de la Route de la Soie qui traversera les Balkans pour relier le port grec du Pirée à Budapest, en passant par la Macédoine et la Serbie.

Il n'a échappé à personne, notamment à Alexis Tsipras, que ces opérations visent dans l'immédiat à empêcher la Grèce de conclure avec le Brics et les régions voisines d'intéressants contrats économiques, dont elle a bien besoin si elle veut rester indépendante. Le 9 mai, des hommes armées ont attaqué la police macédonienne, dans la ville frontalière septentrionale de Kumanovo. Sans être devin, on peut prévoir qu'il y aura de nombreux autres « incidents » , dont la responsabilité sera en dernier ressort imputée à la Serbie et à la Russie. L'Otan, c'est-à-dire les Etats-Unis, qui dispose au Kosovo de la grande base militaire de Camp Bondsteel. sera directement (ou indirectement, via ses services secrets que l'on dit en grande partie financés par le multi-milliardaire George Soros) à la manoeuvre. Ce ne sera pas nouveau.

On notera que les musulmans bosniaques, financés par l'Otan, interviennent directement dans les conflits. Ils s'inspirent, dans leur manifestations, de l'exemple de la Waffen SS, comme le font depuis longtemps, les extrémistes soutenant le gouvernement de Kiev. Il est clair que, dans le désordre général qui se développera nécessairement en Macédoine, et dont les observateurs européens auront du mal à démêler les arcanes, il faudra chercher de nouvelles manoeuvres de Washington, soutenu par l'Union européenne, pour affaiblir la Russie

Note. Guerre du Kosovo

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kosovo


16/05/2015
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Nombre de réaction(s) : 1
Balkans
17/05/2015 16:32:56 | Par : Jean-Paul Baquiast
Pour lire un avis différent du nôtre concernant les évènements en Macédoine, voir sur Médiapart http://www.mediapart.fr/journal/international/160515/en-macedoine-le-pouvoir-vacille Nous ne partageons pas cette analyse, encore qu'elle souligne un fait incontestable, la corruption généralisée qui rêgne dans ce pays.
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