Europe Solidaire
CultureEconomieEducationEnvironnementInstitutionsInternationalSciencesSécurité/DéfenseSocialTechnologiesValeurs
Aggrandir Réduire Reinitialiser

Alexis Tsipras seul contre tous? La Russie l'aidera-t-elle?

Apparemment, le vaillant Alexis Tsipras a plus que jamais tort de vouloir continuer à tenir tête aux représentants de la BCE, du FMI et de la Commission. Un nouvel échec des négociations a été enregistré le 12 mai. Or, faute d'accord d'ici fin juin le second plan d'aide à la Grèce arrivera à échéance et celle-ci ne recevra plus aucune ressource.
Athènes doit, dans les jours qui viennent, rembourser 750 millions d'euros au FMI  puis 200 millions fin mai, sans compter les 1,7 milliards d'euros pour payer les fonctionnaires. Auxquels il faut ajouter le paiement des retraites. Au total, la Grèce aurait besoin de 13 milliards d'euros. Elle ne les a pas. Plus grave, actuellement, elle ne les trouve pas sur les marchés. Plus personne ne veut lui prêter d'argent.

Les milieux financiers, qui manifestement font la loi en Europe, s'en tiennent à leurs exigences initiales. Ils prêteront de l'argent si le gouvernement s'engage sur des « réformes structurelles » que pour le moment celui-ci comme l'opinion grecque refusent encore. Ces réformes représenteraient en effet non seulement une mise en cause de certains acquits sociaux mais le remplacement de fait des autorités gouvernementales actuelles par des émissaires plus ou moins anonymes provenant de la BCE, du FMI et de la Commission. Les Grecs savent très bien que derrière ces 3 institutions se trouvent les intérêts de Wall Street et de Washington . Ceux-ci veulent la mort économique et politique du gouvernement.

Grexit

A défaut de pouvoir rembourser, en totalité ou même en partie, la Grèce s'exclurait de la zone euro. Aujourd'hui, BCE, FMI et et Commission semblent ne plus craindre cette solution. Au contraire, ils l'encourageraient implicitement. Elle pourrait précipiter la mort politique de Tsipras. Dès lors en effet que la Grèce sortirait de la zone euro, les clients des banques se précipiteraient aux guichets pour retirer leurs dépôts. Le gouvernement serait alors obligé d'instituer un contrôle des capitaux et de mettre en place progressivement une nouvelle monnaie, mais une nouvelle monnaie dont personne aujourd'hui, au sein des milieux financiers précités, ne voudrait garantir la valeur.

Alexis Tsipras avait envisagé il y a quelques mois de consulter son électorat par référendum: soit accepter les contraintes des BCE, FMI et Commission, soit sortir de l'euro et peut-être même de l'Union. Aujourd'hui, BCE, FMI et Commission qui jusqu'à présent refusaient cette perspective, consistant pratiquement à admettre que les électeurs ont leur mot à dire concernant l'appartenance à l'euro, semblent l'encourager. Manifestement, ils escomptent un « retour à la raison » des partisans de Tsipras. Ceux-ci refuseraient de soutenir le gouvernement et sa ligne dure, compte-tenu des « sacrifices » qu'ils auraient à subir. Il faut dire que de nombreuses campagnes, sur les réseaux sociaux et dans une partie de la presse, se sont développées pour expliquer que plus aucun touriste ne viendrait à la belle saison ranimer une économie rendue malade par la prétendue intransigeance de Tsipras.

Ces campagnes ne se développent pas spontanément. Elles sont fortement soutenues par les armateurs, l'Eglise orthodoxe et surtout des agents financés par la CIA pour obliger la Grèce à rentrer dans l'ordre atlantique. Washington a fait valoir en effet à qui de droit qu'il n'accepterait jamais la menace formulée par Tsipras d'aller chercher de l'aide auprès de la Russie, du Brics et des nouvelles institutions financières. Les intérêts américains feront tout pour l'empêcher, y compris fomenter un coup d'état contre Tsipras. D'ores et déjà, il apparaît bien que Washington et ses représentant en Europe sont en train de faire capoter le projet de gazoduc dit Turkish stream qui devait acheminer du gaz russe à Athènes et apporter d'importants revenus à l'économie grecque.

Macédoine

Certains observateurs sont tentés en effet d'imputer à une action « occidentale » c'est-à-dire américaine, les violents combats survenus le 9 mai entre la police et un groupe armé originaire du Kosovo. Selon l'agence Sputnik (agence russe il est vrai) citant l'analyste politique serbe Dusan Prorokovic, cette escalade de la violence en Macédoine serait un moyen pour l'Amérique de saper la réalisation du Turkish stream qui doit en principe transiter par la Macédoine. Il y a tout lieu de penser que dans l'immédiat, c'est Alexis Tsipras qui est visé directement car qui irait faire passer du gaz dans un pays en guerre?

Nous évoquions dans le titre le fait que Alexis Tsipras pourrait se retrouver très vite seul contre tous. Ce ne serait pas le cas si Vladimir Poutine décidait de lui apporter l'aide financière un moment envisagée. Mais le fera-t-il? La prudence lui conseillera peut-être de ne pas aborder de front l'Union européenne et Washington en soutenant Tsipras, considéré comme un trop petit enjeu.

Si Tsipras tombait, tous ceux qui espéraient par son intermédiaire - c'est-à-dire sans se mouiller eux-mêmes - apporter un peu de démocratie et d'indépendance à l'Europe n'auraient plus que leurs yeux pour pleurer. Mais ce ne sera pas, ni la première, ni la dernière fois.





13/05/2015
Vos réactions
Dernières réactions
Actuellement, pas de réaction sur cet article!
Votre réaction
Vérification anti-spam
Nom/pseudo*


Email*


Titre*


Commentaire*


* champs obligatoires
Europe Solidaire