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Elections britanniques. L'Axe Londres - Washington renforcé

Au vu de ces résultats, on est tenté de s'interroger sur le succès, non prévu par les sondages, des Conservateurs et de leur chef David Cameron. Si on laisse de côté l'anecdotique; c'est-à-dire les voix recueillies par le Parti National Ecossais et les Libéraux Démocrates, ce sont les 329 sièges du Parti Conservateur qui méritent réflexion, face aux 233 sièges de Parti Travailliste (Labour). Pourquoi un tel succès chez les électeurs?
On pourrait imputer ce succès au vide absolu des propositions du Labour, dont rien de précis n'émerge en termes de réforme de société, ou simplement de politiques économiques,  dont pourtant certains sont convaincus que le Royaume Uni aurait bien besoin. On est loin de l'audace des réformes que les Travaillistes avaient préconisé, et en partie fait aboutir, après la seconde guerre mondiale.

Mais pourquoi cette atonie des Travaillistes, face à l'agressivité politique des Conservateurs, laquelle a recruté un nombre inattendu de votants? Pour notre part nous y voyons le résultat de plusieurs années de soutien donné par l'establishment aux emprises sur la société britanniques des multinationales financières faisant la loi à la City de Londres. Cet establishment est constitué, comme nul ne devrait désormais l'ignorer, des 5% de super-riches et super-puissants qui, en Angleterre comme partout ailleurs, imposent leurs intérêts aux 95% des autres. Ils ont suffisamment de moyens de pressions pour orienter en leur faveur le résultats des élections...si grandes que soient les vertus de la démocratie britannique.

Ajoutons que cet establishment britannique est lui-même un collaborateur dévoué de son bien plus puissant homologue américain qui fait la loi à Wall Street et à Washington. On a pu remarquer que dans les propos formulés avec beaucoup d'autorité apparente par David Cameron, aucun point fut-il de détail n'a paru remettre en cause le special relationship, c'est-à-dire la soumission de l'Empire britannique à l'Empire américain. Les moyens dont dispose ce dernier pour influencer en sa faveur les opinions des électeurs européens, à commencer par celles des anglais, n'ont évidemment pas manqué aux Conservateurs.

Dans cette perspective, il n'est pas important de savoir si oui ou non à terme le Royaume Uni quittera l'Union européenne. Au sein de celle-ci comme le cas échéant à l'extérieur, cet establishment pourra faire prévaloir des politiques servant les intérêts réunis de la City, de Wall Street, de Washington et finalement du Pentagone. Ce ne seront malheureusement pas les chefs d'Etat européens, notamment à Paris et à Berlin, dont on avait pu un temps espérer plus d'indépendance, qui feront la moindre chose pour s'y opposer.

On peut poser finalement une question qui n'est pas simplement de détail. Comment les instituts de sondage britannique, généralement connus pour leur rigueur, ont-ils pu se tromper si magistralement en mettant les Travaillistes à égalité devant les Conservateurs? La peur d'un succès du parti travailliste, qui malgré ses timidités, n'est pas totalement en accord avec les politiques de l'establishment, fut sans doute encouragée par des sondages volontairement faussés. Cette « conspiration », osons-le mot, n'a-t-elle pas joué un rôle important en mobilisant les électeurs et médias hostiles au Labour, tout en démobilisant les électeurs travaillistes?

08/05/2015
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