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Les Saoudiens piégés au Yémen

Poussés par leur allié américain, les Saoudiens avaient décidé de lancer une opération militaire aérienne contre les rebelles Houthis (chiites) soutenus par l'Iran.

Le prétexte en était le danger que représenterait aux frontières du Royaume un pays dirigé par les Houthis. Ceux-ci ne veulent pas particulièrement de bien aux Saoudiens, dont ils dénoncent à juste titre autant la corruption que le soutien donné aux djihadistes sunnites par le monde. De plus, l'appui iranien aux Houthis était considéré comme le premier pas d'une guerre larvé voire ouverte menée par Téhéran contre Ryad.

Les premiers jours des bombardements saoudiens contre le Yémen ont fait des milliers de morts civils et déclenché une situation d'urgence humanitaire contre laquelle personne ne peut aujourd'hui faire grand chose. Ils n'avaient que faiblement affaiblis les Houthis. L'Arabie Saoudite avait donc décidé de les suspendre et s'était dite prête à négocier une solution diplomatique. Mais pour elle, celle-ci aurait consisté à remettre en place l'ancien régime contre lequel les Houthis s'étaient insurgés. L'aviation saoudienne avait donc il y a deux jours repris ses bombardements. Plus grave, des renseignements fiables montre que le Royaume fera désormais appel à l'Etat islamique (Daesh) pour l'aider à reprendre le contrôle du terrain. Ledit Royaume n'est pas à une contradiction près puisqu'il participe à la coalition montée par Obama contre l'Etat Islamique en Irak et en Syrie.

Chacun sait que les opérations aériennes n'ont que peu d'effets contre des insurgés tenant le terrain. Il faut les remplacer très vite par des troupes au sol. Comme les Américains n'ont aucune envie de reprendre de telles opérations, ils poussent les Saoudiens à le faire. Aussi bien les Saoudiens ne tarderont sans doute pas à lancer une opération terrestre au Yémen. Après avoir suscité des discours va-t-en-guerre, Riyad risque en effet de ne pas avoir d'autre choix que d'aller jusqu'au bout de la logique militaire.

Il y est poussé par tous ceux qui dans le Golfe expriment leurs attentes d'un engagement sans faille des Saoudiens, non seulement contre les Yéménites Houthis mais contre l'Iran : “C'est une opportunité historique pour briser l'influence iranienne”, écrit du Koweït l'influent intellectuel islamiste Abdallah Al-Nafissi sur son compte Twitter. “Une prétendue solution politique serait un immense piège.”

Tous ceux qui détestent le Royaume saoudien attendent au contraire que, par orgueil, celui-ci fasse l'erreur d'entrer militairement sur le sol yéménite. Cet engagement au sol serait un piège, avec tous les risques d'enlisement pour l'armée saoudienne que représenterait une guerre asymétrique. Ceci d'autant plus que cette armée est constituée principalement, conseillers américains mis à part, de mercenaires payés par l'argent du pétrole et que les Princes censés la commander sont plus performants dans les casinos qu'à la guerre.

L'Iran semble-t-il attend tranquillement, pour le moment, que les Saoudiens s'enferrent. Mais en cas d'échec de l'offensive saoudienne, que fera l'Amérique? Son objectif principal est de rester maîtresse de la rive yéménite du détroit stratégique de Bab el Mandeb


28/04/2015
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